Déjà un mois de grève de la faim pour des centaines de sans-papiers à Bruxelles

Ils vivent depuis des années en Belgique, travaillent au noir dans la restauration, le ménage ou la construction et vivent au quotidien dans la crainte d’être arrêtés et expulsés. Depuis le 23 mai, plusieurs centaines de sans-papiers ont cessé de s’alimenter pour réclamer leur régularisation collective ; leur état de santé devient critique. Du côté du gouvernement, il n’est pas question de céder.

Le 23 mai, “​plusieurs centaines de sans-papiers [ils seraient 475 à l’heure actuelle, et 700 au départ] prenaient la décision de commencer une grève de la faim, rapporte la chaîne BX1, depuis trois occupations à Bruxelles, situées respectivement dans des réfectoires de l’ULB et de la VUB [deux universités], et l’église du Béguinage”, en plein centre-ville. Le mouvement a atteint le cap symbolique d’un mois, et la grève se poursuit, dans l’espoir “d’obtenir une régularisation collective”.

Or, pour une partie des grévistes, ce cap marque aussi “l’entrée dans la zone rouge”, ajoute Le Soir. La situation devient dangereuse : interventions des secours et hospitalisations se multiplient. Au cours d’un jeûne, le corps brûle d’abord les sucres, puis attaque les graisses. “Une fois les stocks épuisés – et c’est le cas pour certaines personnes –, le corps commence à brûler les protéines”, explique un membre de l’ONG Médecins du Monde au quotidien.

Cela attaque les muscles, les organes. C’est là que ça devient véritablement dangereux : insuffisance cardiaque, atteinte des nerfs, confusion et délires. Certains dégâts sont irréversibles, on ne peut pas réparer un cœur.”

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