60 ans après, Macron prêt à une évolution du statut de Wallis et Futuna

Le président de la République a ouvert les discussions sur une possible évolution du statut du territoire d’Outre-mer. Il affiche le soutien de l’État

Emmanuel Macron a salué jeudi le 60e anniversaire du statut de Wallis et Futuna, « le plus atypique de la République », qui gagnerait, selon lui, à évoluer si les responsables de cet archipel du Pacifique le souhaitaient.

« Il y a 60 ans, le 29 juillet 1961, Wallis et Futuna est devenu un Territoire d’Outre-mer français », a rappelé le chef de l’État dans un message enregistré à Papeete au dernier jour de son déplacement en Polynésie française.

Il y a rencontré mardi soir une délégation de responsables politiques, coutumiers et religieux, venue de Wallis et Futuna, faute de pouvoir s’y rendre, comme il le souhaitait, à cause de la crise du Covid-19.

Saluant le « lien indéfectible » entre le territoire et la France, Emmanuel Macron a jugé que le statut de 1961, qui n’a guère évolué depuis, était « certainement le plus atypique de la République, avec son préfet en charge de l’exécutif, son conseil territorial ou siègent trois rois coutumiers, ses circonscriptions en lieu et place des communes ».

« L’État sera à votre écoute »

Mais « cette spécificité n’implique pas fixité. Elle pourrait, gagnerait sans doute, à s’enraciner davantage dans la République », selon lui. « C’est une réflexion qui vous appartient […] L’État sera à votre écoute, attentif à vous accompagner dans ces évolutions », de « manière consensuelle le moment venu », a-t-il ajouté dans ce message vidéo.

Des élus locaux souhaiteraient que le pouvoir exécutif soit transféré de l’État à l’Assemblée territoriale basée à Mata Utu.

Situé à 16 000 km de la métropole et peuplé de 11 500 habitants, l’archipel est doté d’un statut qui concilie administration et pouvoirs traditionnels, il reconnaît l’existence des trois « royaumes », un à Wallis et deux à Futuna, ainsi qu’un statut civil personne, dérogatoire au droit commun, fidèle aux règles ancestrales en termes de mariage, de deuil ou de garde d’enfants.

Rappelant « le soutien massif et rapide » apporté depuis le début de la crise sanitaire, il a appelé les insulaires à se faire vacciner contre le Covid.