Le village canadien de Lytton sacrifié sur l’autel du changement climatique

Alors qu’une vague de chaleur sans précédent continue de frapper l’Ouest canadien, “le réchauffement climatique n’est plus de la science-fiction”, écrit le quotidien québécois Le Devoir. Le problème trouve une illustration concrète et appelle à un passage à l’action, comme cela fut le cas face au Covid-19.

Lytton, petit village de 249 âmes de la Colombie-Britannique, est devenu le 29 juin le triste symbole national de la surchauffe planétaire, avec 49,6 °C au thermomètre, de quoi transformer la capitale canadienne du rafting en désert saoudien.

C’était avant que le hameau soit littéralement englouti par les flammes, rançon du soleil de plomb qui embrase la région sur son passage, liquéfiant des neiges qu’on croyait éternelles.

Tout un paradoxe que Lytton, berceau de la ruée vers l’or, soit devenu la victime impromptue, cent cinquante ans plus tard, d’une quête effrénée pour toujours plus de richesses. Canari dans la mine d’un climat en ébullition, Lytton suffoque aujourd’hui pour cause de surconsommation planétaire.

Lytton détient aussi un autre triste record : celui hérité du romancier victorien Edward Bulwer-Lytton (de qui la ville tient son nom), considéré comme l’auteur de la pire phrase introductive de tous les romans de la littérature anglophone : “It was a dark and stormy night” [c’était une nuit sombre et orageuse]. Une phrase devenue quasi prophétique pour ce village aujourd’hui calciné, plongé en plein scénario catastrophe.

Si près, si loin

Pendant que l’ouest du Canada grille sous le soleil, quelque 400 000 habitants de Madagascar subissent la première vraie famine directement attribuable au dérèglement climatique, annonçait cette semaine le Programme alimentaire mondial (PAM). Privés de récoltes par une sécheresse sans fin, des milliers de Malgaches en sont réduits à manger des feuilles, des cactus et des insectes pour survivre.

Le réchauffement climatique n’est plus de la science-fiction, calcinant sur son passage de lointains pays. Le feu couve aussi à notre porte.

En une fin de semaine, 230 personnes ont succombé aux coups de chaleur en Colombie-Britannique, le plus souvent des personnes vulnérables, sans moyens pour se mettre au frais dans des chambres d’hôtel chics.

Même les cliniques de vaccination contre le Covid-19 ont été fermées ou délocalisées et les vaccins, reportés. Comme quoi une urgence en éclipse rapidement une autre.

“Nous sommes en plein dedans !” disait cette semaine Michael Wehner

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Isabelle Paré

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