1 100 personnes dans la rue contre le « pass sanitaire » jugé liberticide

Le mouvement ne s’essouffle pas depuis le 17 juillet, même si les chiffres varient selon les interlocuteurs : 1 100 participants hier samedi selon les sources autorisées, contre 1 300 d’après les organisateurs.

La manifestation anti pass sanitaire s’est encore ébranlée hier à Agen vers 14 h 30 depuis le Gravier avec un itinéraire qui est passé par la place Armand-Fallières, la tour Victor-Hugo puis les quatre feux, avant de rejoindre le boulevard de la République. Vers 15 h 30, retour au péristyle du Gravier où certains anonymes se sont livrés à des prises de paroles sur leurs ressentis. Dans la foule, des retraités, des familles avec enfants et quelques gilets jaunes d’Agen et Villeneuve.

Quasiment tous sans masque

La colère ne désarme pas contre la décision vécue comme privative de liberté, en marche forcée du président Macron et de son gouvernement. « Pass sanitaire on n’en veut pas ! », scandaient les manifestants, tout en brandissant panneaux et banderoles. Un défilé aux sons de batucadas et aux rythmes de percussions. « Non à la ségrégation vaccinale », « Ni cobaye, ni mouton », « Boss de mon corps », pouvait-on lire sur les affiches brandies, parfois le poing levé. Un millier de personnes quasi à l’unanimité, à quelques exceptions près, marchaient rassemblées toutes à visage découvert, avec parfois dans les rangs, des regards fusillant ceux qui croisaient la manifestation et qui arboraient des masques. Pourtant la liberté individuelle est paradoxalement psalmodiée comme un cri du cœur…

Un peu plus loin, un panneau dit catégoriquement « non à l’oxyde de graphène » (composé inorganique de carbone, hydrogène et oxygène). Un matériau alimentant les croyances de certains opposants au vaccin anticovid, qui serait accusé d’être responsable du magnétisme du vaccin Pfizer. Des parents s’insurgent aussi contre la vaccination des plus jeunes : « Pas touche aux enfants, les enfants de notre nation ! ». Des slogans qui marquent les esprits aussi comme « Mon corps m’appartient, non au viol sanitaire ». Ou encore « Mon corps, mon choix, ma santé, ma liberté » et cette citation de Coluche : « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort, qu’ils ont raison ».

Le peuple clivé

Les participants prônent une « zone libre » et condamnent une mesure liberticide relayée par les « merdias », est-il écrit noir sur blanc.

Jacky défile en tête du cortège et appelle à la réunification du peuple : « Je suis surprise à presque 60 ans de me voir dans la rue. Chacun fait ce qu’il veut, je l’ai dit à mes enfants. Ils sont libres. Mais le pass sanitaire crée une dissonance entre la famille et les amis. Le gouvernement veut diviser tout le monde ! Nous devons tous prendre part à ce bel élan d’amour auquel on assiste aujourd’hui au nom de la liberté ! On en a gros sur le cœur ». Pour elle, ce mouvement est avant tout contre le pass sanitaire liberticide, mais pas contre le vaccin. Mais dans les faits loin de cette vision quelque peu romantique, les antivax et anti masque semblent nombreux dans le cortège.