À Irún, à la frontière franco-espagnole, la nouvelle et périlleuse route des migrants

Depuis le début de l’année, plus de 4 100 migrants ont franchi illégalement la frontière avec la France via Irún, une commune du Pays basque espagnol. Pour éviter les contrôles frontaliers, certains risquent leur vie en traversant à la nage la Bidassoa, un fleuve côtier.

La “nouvelle route” des migrants entre l’Espagne et la France a déjà fait deux morts cette année, clame El País, le quotidien le plus lu outre-Pyrénées. Dimanche 8 août, un homme s’est noyé en tentant de traverser à la nage le fleuve Bidassoa, qui sert de frontière entre les deux pays, dans la commune espagnole d’Irún. Un Ivoirien de 28 ans avait péri dans les mêmes circonstances en mai.

La commune du Pays basque espagnol est devenue un point de passage pour des milliers de migrants venus d’Afrique qui souhaitent atteindre l’Europe du Nord par la France “à pied, en voiture ou en bus, et, de plus en plus souvent, à la nage”, constate le journal.

Depuis le début de l’année, ils sont près de 4 100 migrants à avoir tenté de franchir la frontière illégalement – contre environ 3 500 en 2020, année de la pandémie –, selon les données du gouvernement autonome basque. S’y ajoutent “les personnes accueillies dans les structures de la Croix-Rouge et celles qui se méfient de l’aide institutionnelle et n’y ont pas recours”.

Dans les colonnes d’El País, le responsable des questions liées aux migrants du gouvernement autonome basque, Xabier Legarreta, en appelle à l’Union européenne pour agir et créer “des couloirs humanitaires sûrs” face à ce “drame humanitaire”.

Les passeurs en profitent

Côté français, les autorités contrôlent les passages, et toute personne dont les papiers ne sont pas jugés en règle est renvoyée en Espagne, détaille le journal basé à Madrid. Des passeurs commencent à tirer profit de la situation en prétendant “organiser un passage sûr vers l’autre rive”.

“Le désespoir commence à faire des ravages chez les migrants les plus malchanceux, explique le porte-parole d’une association locale d’accueil des migrants à El País. Et face à ce désespoir, ils font tout ce qu’ils peuvent pour poursuivre leur chemin”, comme emprunter à la nage la Bidassoa, dont le courant s’avère très dangereux à certains endroits.

L’Espagne est l’une des principales portes d’entrée de l’UE pour l’immigration clandestine. Le dernier épisode migratoire de grande ampleur dans le pays a eu lieu en mai lorsque, en pleine crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne, près de 10 000 migrants venus du Maroc ont franchi la frontière séparant le pays de l’enclave espagnole de Ceuta en l’espace de quelques heures.

Source

Fondé en 1976, six mois après la mort de Franco, “Le Pays” est le journal le plus lu en Espagne. Quotidien de centre gauche, il appartient au groupe éditorial espagnol Prisa. 
À la fin de 2013, elpais.com a lancé deux nouvelles éditions pour ses

[…]

Lire la suite