ce qu’il faut retenir de son intervention

Par Jefferson Desport
Publié le 11/08/2021 à 11h31
Mis à jour le 11/08/2021 à 12h45

Le chef de l’État s’est exprimé ce mercredi matin. Il l’a reconnu : face au variant Delta, « la situation sanitaire est plus que délicate »

Fait inhabituel : Emmanuel Macron s’est exprimé, en direct, en tout début du conseil de défense qui s’est réuni, ce mercredi matin, pour faire le point sur la situation de l’épidémie. Et, alors que le pays est confronté à une quatrième vague de contaminations particulièrement virulentes, du fait du variant Delta, le message du chef de l’État a été on ne peut plus clair : « La crise sanitaire n’est pas derrière nous. » Bien au contraire.

Et les chiffres en attestent comme il l’a rappelé : « Nous avons dépassé en début de semaine les 9 200 hospitalisations pour Covid, un niveau que nous n’avions pas atteint depuis le mois de juin. La barre des 1 600 patients en réanimation a également été franchie. » Résultat, a-t-il poursuivi : « On retrouve plusieurs établissements hospitaliers qui déprogramment des soins comme nous ne pensions pas avoir à le revivre. »

Emmanuel Macron l’a reconnu : « La situation sanitaire est plus que délicate. »

1 – « Situation dramatique » aux Antilles

En particulier dans les Outre-mer. Là, comme l’a expliqué le chef de l’État : « Un scénario d’urgence est devant nous. » Et d’ajouter : « S’il fallait faire la démonstration que la vaccination est le moyen le plus efficace de répondre à ce variant Delta, malheureusement nos Antilles en délivrent une démonstration cruelle. »

De fait, comme il l’a rappelé : « Sur ces territoires la vaccination est encore à un niveau très bas, un tiers du niveau de la France hexagonale. Environ 20 % des personnes de plus de 12 ans sont complètement vaccinées contre 66 % en métropole. Aux Antilles françaises, l’augmentation des contaminations se traduit par une explosion des formes graves. Les capacités hospitalières risquent d’être saturées. En Guadeloupe et en Martinique, nous sommes devant une situation dramatique. »

2 – Accélérer encore la vaccination

Si des renforts continuent d’arriver aux Antilles, Emmanuel Macron a estimé que « nous pouvons encore éviter ce scénario dans l’Hexagone, grâce à une arme que notre pays détient : le vaccin. Je le redis tous les vaccins disponibles en France sont efficaces, ils évitent les formes graves, quels que soit les variants, les vaccins sont une assurance tous risques contre la réanimation et deuxièmement ils réduisent très fortement la contagiosité et donc les contaminations. »

En conséquence, le chef de l’État a demandé au gouvernement d’accélérer encore la vaccination. Avec un objectif qu’il a fixé : « la vaccination de tous les Français qui peuvent l’être ». Désormais, 45,3 millions de Français ont reçu au moins une dose. Et 37,8 millions ont un schéma vaccinal complet. Mais comme il l’a rappelé : « On observe ces derniers jours un ralentissement des prises de rendez-vous ». En conséquence, le chef de l’État a demandé au gouvernement de nouvelles incitations pour tenir l’objectif « d’au moins 50 millions de primo-vaccinés à la fin août ».

3 – Réponse aux anti-pass sanitaire

Au-delà, Emmanuel Macron a également répondu aux opposants au pass sanitaire : « Grâce au vaccin, malgré la forte progression du virus, nous pouvons éviter la fermeture et de nouveaux confinements, grâce au pass sanitaire, les établissements qui accueillent du public peuvent demeurer ouverts. »

Un message qu’il a également adressé aux gérants de restaurants et d’autres lieux qui refusent le pass sanitaire. « L’ensemble des responsables de ces lieux – culture, cafés, restaurants… – savent que le gouvernement et l’État ont été là durant les temps difficiles. Je veux que chacun se souvienne que lorsqu’il n’y avait plus de chiffre d’affaires, à cause de l’épidémie, c’est bien l’argent public qui a permis de rémunérer les responsables de ces lieux et leurs salariés. Il est donc légitime de demander une part de responsabilité à ces gestionnaires. » Sur ce point, Emmanuel Macron a été formel : « Nous n’avions pas le choix, c’était cela où la fermeture du pays avec de nouveaux couvre-feux, de nouveaux confinements. »