Ces dizaines de milliers de collaborateurs afghans que les États-Unis risquent d’abandonner

Une estimation réalisée par une association et par des chercheurs indique qu’au moins 250 000 Afghans éligibles à des visas spéciaux – des personnes ayant travaillé avec les États-Unis et leurs familles – n’ont pas encore été évacués du pays.

Avoir un chiffre précis est impossible mais l’estimation donne une idée du grand nombre de personnes qui devraient encore être évacuées d’Afghanistan. Interprètes, conseillers et autres anciens collaborateurs des autorités ou d’organisations étasuniennes : au moins 250 000 Afghans n’auraient pas encore été évacués du pays, rapporte The New York Times. “Et beaucoup craignent des représailles de la part des talibans et cherchent désespérément à partir.”

Réalisée par l’Association of Wartime Allies (une association de personnes ayant collaboré avec les Américains dans des pays en conflit) avec des chercheurs de l’American University de Washington, cette estimation se fonde sur les rapports annuels du ministère de la Défense des États-Unis. Les chercheurs ont estimé combien de personnes avaient été employées à des postes les rendant éligibles à deux types de visas spéciaux ou prioritaires. Ils ont ensuite ajouté le nombre de membres de la famille proche de ces personnes. Avant de soustraire le nombre d’Afghans qui ont déjà été évacués.

82 300 personnes déjà évacuées

Jeudi 26 août, des responsables étasuniens ont indiqué que 82 300 personnes avaient été évacuées de Kaboul depuis le 14 août. Ce chiffre inclut des ressortissants des États-Unis, d’Afghanistan et d’autres pays. “Même si les forces américaines continuent au rythme actuel d’environ 20 000 évacuations par jour, […] les estimations laissent à penser qu’on restera très loin d’avoir secouru tous les Afghans potentiellement éligibles à un départ avant le 31 août, date limite fixée par le président Biden pour que les forces américaines aient quitté le pays.”

L’estimation réalisée par l’Association of Wartime Allies n’inclut pas toutes les personnes qui pourraient être éligibles à des procédures accélérées d’immigration, ni tous ceux qui “pourraient risquer d’être ciblés par les talibans du fait de leur rôle dans l’État ou dans l’armée afghane, ou parce qu’ils sont militants ou appartiennent à des minorités religieuses”, précise The New York Times.

Source

Avec 1 600 journalistes, 35 bureaux à l’étranger, 130 prix Pulitzer et quelque 5 millions d’abonnés au total, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print”

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