“Chaos meurtrier” à l’aéroport de Kaboul

Dimanche 22 août, le ministère de la Défense britannique a annoncé la mort de sept civils afghans lors d’une bousculade à l’aéroport de Kaboul, samedi, alors que des milliers de personnes tentent toujours de fuir l’Afghanistan, sous l’emprise des talibans.

Bousculade, tirs en l’air, “chaos meurtrier” : la situation reste extrêmement tendue à l’aéroport de Kaboul, où des milliers de personnes tentent de fuir l’Afghanistan. Dimanche 22 août, le ministère de la Défense britannique a confirmé la mort de sept civils afghans dans une bousculade près de l’aéroport, samedi, portant à 20 le nombre de personnes tuées depuis la prise de contrôle du pays par les talibans, il y a une semaine, d’après l’OTAN.

Sur place, le correspondant du média britannique Sky News, Stuart Ramsey, déclare “avoir vu au moins trois corps” à la suite d’une cohue près de l’aéroport, samedi. De son côté, The Washington Post raconte ce dimanche dans un fil d’actualités que “les talibans ont tiré en l’air et utilisé des matraques pour obliger les gens à se mettre en rang dans des files d’attente ordonnées à l’extérieur de l’aéroport de Kaboul”, afin de rétablir le calme par la force.

Sky’s Stuart Ramsay says crowding at the airport in Kabul has been “much calmer” than it has been during the week, but adds “that could change at any time” pic.twitter.com/unf1szyUu6

— Sky News (@SkyNews) August 22, 2021

Le quotidien américain rappelle que les États-Unis avaient émis, samedi, un avertissement, “demandant à leurs concitoyens en Afghanistan d’éviter de se rendre à l’aéroport de Kaboul sans instruction spécifique”.

L’évacuation des ressortissants et des Afghans collaborant avec des pays étrangers reste une priorité pour les gouvernements occidentaux. Samedi, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le président américain, Joe Biden, ont échangé par téléphone sur la situation afghane, révèle le journal espagnol El País.

Les deux dirigeants ont convenu, selon des sources gouvernementales espagnoles, que les bases militaires de Rota, à Cadix, et de Morón de la Frontera, à Séville, dans le sud de l’Espagne, serviront à “accueillir les Afghans qui ont collaboré avec les États-Unis”.

Les talibans veulent clarifier le retrait des forces étrangères

Quelques heures plus tôt, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont rendus, avec Pedro Sánchez, dans un centre d’accueil de 800 places élaboré par l’armée espagnole sur la base aérienne de Madrid. Celui-ci doit recevoir “des expatriés afghans qui ont travaillé pour les pays membres et les institutions de l’UE au cours des dernières années”, poursuit El País.

Désormais, selon Sky News, les talibans cherchent “à avoir une clarté ‘totale’ sur le retrait des forces étrangères”. Le média britannique signale par ailleurs que les dirigeants talibans doivent “rencontrer d’anciens gouverneurs et bureaucrates dans plus de 20 des 34 provinces afghanes dans les prochains jours” et ont appelé à la réouverture des écoles et des collèges en Afghanistan.