Dans la petite ville colombienne de Necoclí, plus de 15 000 migrants attendent un bateau

Ces migrants, pour la plupart originaires des Caraïbes et d’Afrique, s’amassent dans les rues de Necoclí, une petite ville de la côte nord de la Colombie, raconte le site de l’hebdomadaire colombien Semana. Ils espèrent trouver un bateau pour gagner la frontière avec le Panama, énième étape de leur périple vers les États-Unis.

Dans la petite ville de Necoclí, sur la côte nord de la Colombie, “des milliers d’Africains et d’Haïtiens arpentent les rues couverts de vestes épaisses et de masques de ski, emmitouflés comme pour un hiver glacial”, raconte Semana.

Nombre d’entre eux ont dormi entassés dans des maisons, d’autres ont trouvé un coin de plage, de quai, de parc.”

Depuis une semaine, la situation se tend entre les habitants, qui prospèrent grâce à la location de minuscules logements à des prix exorbitants, et les plus de 15 000 migrants qui désespèrent d’y trouver une embarcation pour traverser le golfe d’Urabá en direction du Panama. De l’autre côté de la mer : Capurganá, frontalière du Panama, énième étape vers les États-Unis. “Tous croient que le paradis se cache derrière la prochaine montagne”, note le journal colombien.

Une longue route

Alex est l’un d’entre d’eux. Il a quitté Haïti depuis trois ans. Après avoir rejoint le Chili, il s’est résolu à entamer un nouveau périple pour tenter sa chance aux États-Unis, avec sa femme et sa fille âgée de 18 mois. Cela fait vingt-deux jours qu’il est à Necoclí, où “une bouteille d’eau vaut entre 1 et 2 dollars, une petite portion d’huile peut coûter jusqu’à 5 dollars, dormir dans une chambre avec dix autres personnes peut coûter 8 ou 10 ou même 15 dollars”.

Comme les autres, il a emprunté une route jalonnée de passeurs crapuleux, “de gardes frontaliers qui leur demandent de l’argent, de policiers qui les arrêtent en chemin, agressent sexuellement les femmes et confisquent l’argent”, ou d’habitants qui “drainent l’argent comme des sangsues”. On lui a dit qu’il devrait patienter encore une semaine avant d’obtenir des billets pour la traversée. Il ne sait pas comment tenir financièrement d’ici là.

Source

Ce magazine colombien a été créé en 1982 par Felipe López Caballero, éminente figure du monde de la presse indépendante en Colombie. Semana avait précédemment existé entre 1946 et 1961, fondé par Alberto Lleras Camargo, un homme politique

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