Découvrez l’asakaa, le vibrant rap drill du Ghana

Inspirés par le lyrisme violent et morbide du drill américain et britannique, des jeunes Ghanéens ont adopté ce registre musical, sous-genre du hip-hop, pour conter leur quotidien désenchanté. Le correspondant du Guardian en Afrique de l’Ouest est allé les rencontrer.

À Kumasi, la deuxième ville du Ghana, Yaw Tog et ses amis attendent de tourner un clip, assis sur le trottoir d’une rue bordée d’arbres. Des passants s’approchent pour se faire prendre en photo avec l’adolescent. “C’est fou, je suis devenu célèbre pratiquement du jour au lendemain, s’étonne-t-il. J’en suis fier : j’ai eu une vision de ce que voulais faire, et je l’ai fait. Et maintenant, on en est là.”

Il y a un an, ce garçon de 18 ans passait encore relativement inaperçu dans son lycée, mais désormais, impossible de dissimuler sa silhouette élancée à l’allure modeste. Yaw Tog, qui est en train de passer son bac, est l’un des plus célèbres rappeurs de la scène asakaa locale – cette version ghanéenne de la drill, un sous-genre du rap –, en pleine explosion. Les jeunes artistes de la ville rassemblent autour d’eux des milliers de fans du monde entier.

La musique froide d’un quotidien sinistre

La drill, qui allie des basses profondes à des percussions vives, auxquelles se superpose un flow agressif, dérive du rap américain et du grime londonien. Depuis un an et demi, ce genre autrefois underground explose au Ghana. Il a rejoint l’afrobeat commercial et la pop dans les classements des meilleures ventes, et les artistes locaux réalisent des collaborations avec des stars britanniques comme Stormzy. Les titres les plus populaires sont fidèles aux sons désormais incontournables du Royaume-Uni, mais on y retrouve aussi l’empreinte de la drill américaine de Chicago et de New York. Ces morceaux décrivent de manière sombre et froide le quotidien sinistre dans les quartiers pauvres de Kumasi.

Dans la vie, Yaw est doux et sensible, mais sur le tournage – et derrière un micro –, c’est comme s’il laissait place à quelqu’un d’autre. Avec assurance et une agressivité contenue, il forme un pistolet avec ses doigts puis le pointe sur la caméra, tout en scandant ses textes qui décrivent la vie dans les rues de Kumasi.

Un public grandissant au Ghana

En août 2020, Yaw a sorti son single Sore, titre qui signifie “révolte” en twi, le dialecte le plus répandu au Ghana. Devenu encore plus populaire grâce à un remix avec Stormzy (que Yaw considère “comme un grand frère”), c’est un morceau brut et percutant, mêlant arrogance et spontanéité. Le texte agressif, chanté par Yaw avec plusieurs autres artistes de la scène asakaa, alterne entre le twi et l’anglais. Le morceau est devenu viral au Ghana, et la mère du jeune

[…]

Emmanuel Akinwotu

Lire l’article original

Source

L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au

[…]

Lire la suite