En Grèce, des incendies “hors de contrôle”

Confrontée à une canicule historique, la Grèce se trouve en proie aux flammes sur l’ensemble de son territoire. D’Eubée à Rhodes, d’Athènes au Péloponnèse, les incendies ravagent des milliers d’hectares et détruisent des habitations.

Épaisse fumée dans le ciel, soleil rougi et sirènes de pompiers. Le tableau cauchemardesque de l’été grec se répète chaque année. “Toute la Grèce brûle ces derniers jours”, se lamente le quotidien I Avgi, alors que les incendies se multiplient partout dans le pays.

Dans le Péloponnèse, sur les îles de Rhodes et de Kos, à Eubée et jusqu’aux portes de la capitale, les flammes ravagent le pays, forçant plusieurs évacuations de zones habitées. Depuis le début de l’année 2021, plus de 8 300 feux de forêt ont été recensés sur le territoire, ravageant au moins 16 000 hectares.

“Hors de contrôle”, titre en une de son édition du jour le journal de gauche, photo des flammes en pleine page. Décrivant “des milliers d’hectares brûlés”, le quotidien évoque “une immense catastrophe écologique”.

Phénomène récurrent en Grèce, les incendies sont attisés cet été par des températures records. Le pays souffre d’une canicule historique, la deuxième de l’été, avec des températures atteignant près de 45 degrés.

“Les incendies hors de contrôle ne s’arrêtent plus. La situation suscite des interrogations légitimes sur la préparation et les mesures préventives”, prévient I Avgi.

Tournure politique

La gestion des incendies prend chaque année une tournure politique. Le gouvernement conservateur se trouve dans le collimateur du journal d’opposition proche de Syriza, le parti d’extrême gauche de l’ancien Premier ministre Alexis Tsipras. Le Premier ministre “Mitsotakis s’est caché. Tout s’est bien passé pour Chrysohoïdis et Hardalias”, ministre et vice-ministre de la Protection civile, tacle I Avgi.

“Nous n’oublions pas que les responsables sont les mêmes qui assuraient qu’ils auraient géré les incendies de Mati en dix minutes et avec un vent de force 10 sur l’échelle de Beaufort”, enfonce le quotidien.

En 2018, alors que Syriza était au pouvoir, les incendies de Mati avaient provoqué la mort de 102 personnes sur la côte est de l’Attique, suscitant émoi et indignation dans le pays.

Reprenant ironiquement le slogan de campagne de la Nouvelle Démocratie, parti conservateur au pouvoir, le journal conclut :

Le pays est revenu à la normale.”

Source

I Avgi est publié à Athènes. Signifiant “l’Aube” en grec, I Avgi est surnommé le “quotidien du matin de la gauche”. Il est proche de Synaspismós, la coalition de la gauche, des mouvements et de l’écologie, membre de Syriza

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