« le pass sanitaire est le seul modèle résilient »

Par Lucile Pascanet
Publié le 13/08/2021 à 14h09
Mis à jour le 13/08/2021 à 15h01

Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, répondait pendant une heure aux questions de six lecteurs de « Sud Ouest », ce vendredi 13 août. Retour sur un moment fort de la rencontre

Ce matin d’août gris, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, fait face à six lecteurs et lectrices bayonnais, dont plusieurs travaillent dans le milieu culturel. Au cœur de la rédaction de « Sud Ouest » à Bayonne, elle est venue répondre à leurs nombreuses questions. Elle se fend de blagues et de traits d’esprit, manifestement heureuse de parler aux acteurs de son ministère.

« Le pass sanitaire nous offre l’opportunité de rester ouvert, d’accord… Mais dans nos salles, nous sommes dans l’obligation de refuser des cinéphiles, qui ont réellement besoin de voir des films. Ce sont des gens qui nous font vivre depuis des années… Éthiquement, ça nous pose un problème ! » se lamente Xabi Garat. Le directeur du cinéma Select et président de Cinévision semble désespéré.

La ministre de la Culture hoche la tête dans son tailleur blanc fleuri. « En ce moment, nous sommes en pleine flambée épidémique, plus encore que lors des vagues précédentes. Et pourtant, nous maintenons les lieux de culture, tous sans exception, ouverts, et sans jauge ! martèle-t-elle. Nous les aurions fermés dans une autre situation. Le pass sanitaire est le seul modèle résilient. La question n’est pas de le maintenir ou non : sa seule alternative possible, c’est le confinement ! »

Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, a rencontré les lecteurs de Sud Ouest. De gauche à droite : Virginie Stevenoot, gérante de théâtre, Fabio Lopez, directeur et chorégraphe, Fanny Bérard, comédienne, Xabi Garat, directeur de cinéma Select, Roselyne Bachelot, Clara Nadal, étudiante et saisonnière et
Fabian Feldmann, restaurateur.

Bertrand Lapegue / SUD OUEST

Xabi Garat ne laisse pas tomber : il n’hésite pas à interrompre la ministre. « Pourquoi nous avoir laissé seulement neuf jours à nous, lieux de culture, quand certains ont eu un mois, et d’autres, comme le métro par exemple, n’en ont toujours pas besoin ? »

Roselyne Bachelot ne se laisse pas faire. « Je vous ai laissé parlé, ne m’interrompez pas s’il vous plaît ! » commence-t-elle, un sourire dans la voix. Le directeur et programmateur de cinéma lâche un petit rire et se confond en excuses. Derrière son masque rose, elle évoque les efforts importants déployés par le gouvernement en faveur des cinémas notamment, inégalés en Europe. 1,2 milliard d’euros investis pour éponger les pertes du secteur, des aides déclenchées et une écoute renforcée, selon la ministre.

Xabi Garat, directeur du cinéma Select, président de Cinévision et programmateur de 40 salles art et essai en Nouvelle-Aquitaine n’a pas hésité à poser ses questions à Roselyne Bachelot.

Bertrand Lapegue / SUD OUEST

Elle choisit de voir la pandémie et la crise comme une « opportunité de changer les comportements culturels » des Français. « Cette crise a eu un impact dévastateur, c’est sûr, mais elle a aussi développé des phénomènes qui existaient déjà avant : les plateformes de contenus menaçaient déjà nos salles obscures avant le Covid ! Nous allons traverser cette crise ensemble, mais il est impossible d’envisager un retrait du passe sanitaire pour l’instant. »