Le tour du monde en vingt-deux portes

Auteur d’un ouvrage analysant vingt-deux portes célèbres, l’historien espagnol Óscar Martínez nous invite à découvrir les époques, les mœurs et les cultures qui se cachent derrière.

Une porte fait communiquer deux mondes. Mais lesquels ? L’historien d’art Óscar Martínez, professeur à l’École d’art d’Albacete [dans l’est de l’Espagne], se penche sur cette question dans son essai Umbrales [“Seuils”, non traduit en français], où il analyse vingt-deux portes situées dans différents pays du monde. Son essai, à cheval entre l’architecture, le récit de voyage, le symbolisme, l’art, l’anthropologie et la vulgarisation culturelle, donne des envies de voyage. Impossible de le lire sans consulter de temps en temps un moteur de recherche d’images pour contempler les merveilles qui y sont décrites. “Le rythme de vie actuel fait que nous ne sommes pas conscients de la présence des portes, explique Óscar Martínez. Nous arrivons au Panthéon [de Rome, a priori] ou à la basilique Saint-Marc [à Venise], et ce que nous voulons faire, c’est entrer.”

Certaines portes sont spectaculaires, d’autres discrètes… Mais leur force symbolique s’impose à nous. Ce n’est pas un hasard si elles apparaissent dans toutes les mythologies : “Le dieu romain Janus, avec ses deux têtes, gardait l’entrée des maisons. Cerbère est le chien qui garde l’entrée des enfers. Le dragon Ladon surveille l’accès au jardin des Hespérides. Et saint Pierre porte les clés qui font de lui le concierge du ciel.” Plusieurs d’entre elles se sont conservées contre toute attente. Par exemple, celle de la maison des Vettii à Pompéi, rendant hommage au dieu Priape, nous est parvenue grâce à l’action protectrice de la lave qui a recouvert la ville. “Aujourd’hui, il ne serait pas possible de mettre un homme au phallus énorme à l’entrée d’une maison noble. Dans l’antiquité, la sexualité était traitée de manière bien plus directe qu’aujourd’hui. Ce sont des codes culturels.”

Des références symboliques nombreuses

Des monuments qui aujourd’hui nous apaisent ont été construits dans le sang, comme la basilique Saint-Marc, enrichie grâce au butin du pillage de Constantinople [par les croisés, en 1204]. “L’art qui nous éblouit aujourd’hui a été produit pour les riches, il a été voulu par les empires, qui sont toujours spoliateurs et pilleurs, comme le savent bien les Grecs et les Égyptiens. Les siècles passent et la beauté reste, on oublie le sang. On ne se préoccupe pas de la probité des civilisations qui ont construit ce qu’aujourd’hui tout le monde visite.”

Barcelone est représentée par un lieu normalement très peu fréquenté : le portail en fer forgé de

[…]

Xavi Ayén

Lire l’article original

Source

“L’Avant-Garde” a été fondée en 1881 à Barcelone par la famille Godó, qui en est toujours propriétaire. Ce quotidien au format berlinois est le deuxième du pays en matière de diffusion, et le numéro un en Catalogne, juste devant El Periódico de

[…]

Lire la suite