les associations réclament plus de moyens

Malgré de nouvelles mesures annoncées par le ministre de l’Intérieur, des associations féministes requièrent plus de considération au niveau financier

Des associations féministes ont réclamé lundi un budget clair et davantage de moyens pour lutter plus efficacement contre les violences faites aux femmes après les nouvelles mesures annoncées par Gérald Darmanin.

« Nous demandons un budget précis et plus de moyens pour organiser un suivi transparent afin d’évaluer l’efficacité des mesures et le fonctionnement des nouveaux dispositifs », a déclaré à l’AFP Fabienne El Khoury, porte-parole de l’association « Osez le féminisme ! », qui déplore « une impression de recyclage » dans les annonces du ministre de l’Intérieur.

Parmi ces nouvelles mesures pour tenter d’endiguer ces violences, Gérald Darmanin a notamment annoncé le traitement prioritaire des plaintes pour violences conjugales, la désignation d’un officier spécialisé dans chaque commissariat et brigade de gendarmerie ou encore la proscription « définitive » des mains courantes.

« Le ministre de l’Intérieur annonce à grand renfort de communication des mesures qui existent déjà » mais qui ne sont pas appliquées à cause du manque de moyens financiers, a fustigé Caroline De Haas, pour le collectif #NousToutes.

Un budget pas assez important

« La France dépense 3 fois moins pour protéger les femmes que l’Espagne. C’est environ 5 euros par habitant en France alors qu’en Espagne c’est 16 euros », a observé Mme El Khoury.

Elle estime que le gouvernement devrait ajouter « au moins » un milliard d’euros pour financer tous les dispositifs nécessaires à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Et parmi eux, la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) demande la création de « brigades spécialisées ouvertes 24 heures sur 24 » dans les commissariats et gendarmeries, qui seraient articulées avec des tribunaux spécialisés pour « augmenter la réactivité dans le traitement des dépôts de plaintes ».

« Le fait qu’il n’ait pas parlé du budget mis sur la table me fait dire qu’il n’y aura pas le suivi qu’on essaye de créer depuis des années », s’est inquiété Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.