L’IFTS apparaît comme pionnier dans la lutte contre le Covid-19

Basé à Foulayronnes, l’Institut de la Filtration et des Techniques Séparatives joue un rôle majeur dans la lutte contre la pandémie que ce soit dans le contrôle des lots d’un des quatre vaccins ou l’efficacité des masques de protection en tissu.

Savoir-faire des chercheurs

L’IFTS est né en 1981, sous l’impulsion du Professeur Roger Ben Aïm, avec le statut d’association (loi 1 901) préservant ainsi indépendance et confidentialité, et l’ambition de relier le monde de la recherche universitaire à celui de l’industrie incarné par les prescripteurs et installateurs de procédés de séparation (décantation, coagulation/floculation, filtration, centrifugation, séparation membranaire…) pour innover et mettre à leur disposition le savoir-faire acquis par les chercheurs de l’IFTS. Sa
mission est claire : doter le monde industriel de méthodes d’essais permettant de quantifier les performances des procédés de séparation liquide-solide dans toutes les composantes de celles-ci. Les compétences de l’Institut sont élargies à toutes les problématiques de séparation, y compris dans l’air ou autre gaz. L’IFTS s’implique par ailleurs dans la normalisation des méthodes d’essais développées, et intervient en qualité d’expert reconnu à l’international dans de nombreux comités (ISO, CEN ou comités français gérés par l’AFNOR). L’IFTS travaille aussi avec l’aéronautique, l’industrie pétrolière, les industriels de l’eau, les collectivités et la filière nucléaire.

L’IFTS (Institut de la filtration et des techniques séparatives) procède depuis le printemps, à du comptage particulaire pour le compte d’une entreprise pharmaceutique qui fabrique un des quatre vaccins commercialisés contre le virus Covid 19.

Comme l’explique Vincent Edery, directeur général de l’IFTS : « On fait du comptage particulaire et on vérifie la nature de ces particules qui ne doivent pas excéder une certaine taille et un certain volume en microns, selon les normes de la pharmacopée européenne en vigueur. Ainsi, on contrôle la propreté du soluté utilisé pour ce vaccin. Nous travaillons avec l’industrie pharmaceutique plus globalement sur les solutés et les contenants qui interférent dans le corps humain : flacons, seringues, poches sanguines pour les transfusions et dans ce cas précis, le soluté du vaccin. Nous sommes assujettis à des contrôles de la part de nos clients qui s’assurent que nous suivons bien les bonnes pratiques de fabrication et nous sommes soumis à des audits externes que ce soit par l’ANSM (L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) ou Food and drug administration aux USA ».

Audité par l’ANSM

Depuis le printemps, l’institut contrôle les particules en suspension des solutés qui entrent dans la composition du vaccin et il vient d’être audité cet été par l’ANSM afin de valider le process utilisé par le laboratoire agenais.

Reconnu dans le domaine de la filtration depuis sa création, l’UFTS entre donc en première ligne dans la campagne vaccinale massive et doit vérifier les lots de vaccin avant leur mise sur le marché mondial. L’institut travaille actuellement pour un fabricant français sous licence étrangère, mais le nom du vaccin et de l’opérateur pharmaceutique sont tenus secret « par souci de discrétion ».

Le directeur général peut s’enorgueillir du rôle pionnier de l’institut de Foulayronnes dans le combat contre la pandémie, puisque son laboratoire est le seul en France à avoir été audité et à procéder à ces contrôles drastiques, fondamentaux en matière de santé publique. « Pour nous, le vaccin est un marché nouveau avec une opportunité de développement qui nous apparaît intéressante au niveau de la surveillance, des contrôles indispensables à cette chaîne de fabrication ».

Efficacité des masques

Mais depuis l’émergence de la crise sanitaire, l’institut foulayronnais intervient également dans le secteur de la validation des masques chirurgicaux. Une compétence acquise grâce à la fabrication d’un banc d’essai, dénommé Brenus (en hommage à la terre d’ovalie), visant à évaluer les capacités de filtration de l’air des masques de protection. Conscient qu’il avait une carte à jouer, l’institut s’est rapproché de la Région Nouvelle Aquitaine arguant que son centre d’essai était en capacité de tester les masques censés répondre à certains critères d’efficacité. « Notre action de recherche s’est en effet concentrée depuis 2013 sur la thématique de l’air », indique le directeur.

En mars 2020, l’IFTS s’est en effet saisi de la question des essais d’efficacité des masques, faisant le constat du manque de laboratoires capables de le faire en France, « les seuls laboratoires se trouvent en Chine », stipule Vincent Edery.

Dans le droit fil du groupe d’experts nationaux qui s’est constitué au début de la pandémie et à la faveur de la norme Afnor, l’IFTS s’est positionné afin de développer un banc d’essai à Foulayronnes, concédant un investissement de 180 000 euros assumé à 50 % par la Région.

Innovant pour la Région

« Le banc est opérationnel depuis un an. On teste des masques de fabrication française destinés à la protection respiratoire des populations ». Des masques en tissu distribués aux salariés d’une même entreprise ou commercialisés pour le grand public : « On teste les masques dans une veine d’air pour leur efficacité aux particules. On injecte des particules en amont du tissu, on compte en aval et on procède au ratio de la filtration. Entrent en ligne de compte les contraintes de lavage et le taux d’humidité que l’on peut moduler sur notre banc d’essai, afin de simuler une durée d’utilisation du masque en question. La réalisation de notre banc d’essai nous permet, depuis, de répondre à toutes les demandes permettant de caractériser les performances des masques émanant d’industriels notamment. Nous sommes le seul laboratoire de la Nouvelle Aquitaine équipé de ce type. Il en existe très peu en France, sauf des laboratoires universitaires dont ce n’est pas la vocation sur le long terme ».