Lot-et-Garonne : une figure de la politique départementale s’en est allée avec le décès de Bernard Genestou

Le décès de Bernard Genestou à l’âge de 84 ans provoque de nombreuses réactions dans le landerneau politique lot-et-garonnais. Il faut dire que l’ancien maire de Castelmoron-sur-Lot a siégé près de 40 ans au conseil départemental. 

C’est avec stupeur que les habitants de Castelmoron-sur-Lot ont appris ce lundi 23 août au matin le décès de leur ancien maire, Bernard Genestou, qui fut leur premier édile de 1977 à 2014. il avait également présidé la communauté de communes du Lot-et- Tolzac jusqu’en 2014. Une longévité politique qui avait largement dépassé les frontières de l’intercommunalité puisque Bernard Genestou avait été élu sans discontinuer au conseil départemental de 1975 à 2015. De frontières politiques, il n’y en avait guère aussi avec Bernard Genestou dont le parcours, du centre gauche jusqu’à la droite, laissait entrevoir une figure radicale bon teint (lire la réaction d’Alain Merly en encadré).

Ceci explique pourquoi la disparition de « l’ancien pilier de l’équipe de Jean-Francois Poncet, longtemps vice-président chargé des finances du Département. », comme le dépeint le maire de Nérac, Nicolas Lacombe, reçoit des hommages de tous les horizons politiques ou presque. « Bernard Genestou faisait partie de cette génération d’élus bâtisseurs qui ont fait entrer notre département dans la modernité et lui ont donné le visage qu’il a aujourd’hui. Il laissera son empreinte sur le Lot-et-Garonne, sur sa commune de Castelmoron bien sûr, mais aussi sur les jeunes élus comme moi qui ont eu la chance d’apprendre à ses côtés », rappelle aussi le maire de Villeneuve-sur-Lot, Guillaume Lepers.

Apprécié de l’ensemble de la classe politique locale

Parmi les nombreuses réactions, on note bien évidemment celle de la présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne, Sophie Borderie : « Elu de terrain mais également homme de dossiers, Bernard Genestou avait à cœur de défendre le Lot-et-Garonne et le Département, institution à laquelle il était profondément attaché. Je présente toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches. » Le maire de Castillonnès, Pierre Sicaud, traduit bien la façon avec laquelle Bernard Genestou transcendait les idées partisanes dans sa façon de faire de la politique : « Bernard Genestou avait un sens aigu et une grande connaissance de la vie politique du Lot-et-Garonne. Il était apprécié et respecté par l’ensemble de la classe politique locale. Je salue sa mémoire avec émotion. »

Jean-Louis Costes, le maire de Fumel et président des Républicains 47, n’a pas manqué de saluer sa mémoire : « Comme président de la commission des Finances du conseil général, il a fait preuve d’une grande moralité et d’une rigueur reconnue par tous. Dans une période où la politique est tant décriée, il fait partie de ces grands élus locaux qui ont honoré la politique. » De même pour Pierre Chollet et le groupe d’opposition au conseil départemental : « Bernard Genestou a œuvré avec force et conviction pour le Lot-et-Garonne aux côtés de Jean-François Poncet, en gardien, toujours vigilant, des deniers publics. »

La Dépêche du Midi adresse à son tour ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Bernard Genestou.

Alain Merly : « Bernard Genestou incarnait le radicalisme lot-et-garonnais ! »

Parmi les personnalités politiques lot-et-garonnaises les plus touchées par la disparition de Bernard Genestou se trouve Alain Merly, l’ancien maire de Prayssas et ex-conseiller départemental, qui siégea aux côtés du défunt de 1992 à 2015 à l’hôtel Saint-Jacques : « J’ai été assommé par l’annonce de son décès. Je perds un ami fidèle et bienveillant. Dès que je suis rtentré au conseil général (devenu depuis le conseil départemental, N.D.L.R.) il a été de très bon conseil pour moi. On se connaissait bien puisque j’avais été joueur puis entraîneur de l’équipe de rugby de Castelmoron-sur-Lot. Quand j’ai souhaité me présenter sur mon canton, il avait poussé derrière ma candidature auprès de Jean-François Poncet. On se téléphonait encore de façon régulière. Il était exceptionnel en tant qu’élu et maîtrisait mieux que quiconque les arcanes des finances publiques. Son jugement était toujours pertinent sur les gens et les situations. Il incarnait le radicalisme lot-et-garonnais porté par des Raymond Soucaret et des Charles de Cacqueray. Depuis leurs disparitions, j’avoue que je ne me reconnais plus vraiment dans le conseil départemental d’aujourd’hui. »