Planète influenceurs. Felipe Neto, le youtubeur brésilien anti-Bolsonaro

L’influenceur brésilien Felipe Neto. (CAPTURE D’ÉCRAN INSTAGRAM)

Sa voix est l’une des plus connues au Brésil : Felipe Neto est suivi par 40 millions d’abonnés sur YouTube, 13 millions sur Twitter ou Instagram. La revue Times l’a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde.

À 33 ans, le youtubeur qui parlait surtout de jeux vidéo, se teignait les cheveux en rose ou en violet, a décidé de mettre sa voix au service d’une cause : la défense de la démocratie brésilienne. Il dit que le déclic a eu lieu en 2018 lors de l’élection du président Jair Bolsonaro. « Quand j’ai commencé à parler de Bolsonaro et je continue à en parler tous les jours, l’objectif a toujours été de défendre notre démocratie », souligne-t-il.

Ces prises de position, toujours très suivies, provoquent la haine des partisans du président. Felipe Neto recevrait des menaces de mort quotidiennes, mais il persiste et signe au point de reconnaître dans les médias brésiliens, les erreurs qu’il a commises dans le passé contre l’ancien président Lula : « Il est difficile de trouver quelqu’un qui a autant été contre Lula que moi. Jusqu’au moment où j’ai compris. Et là, tu dois faire un exercice d’humilité et reconnaître ton erreur et ça fait mal de reconnaître que j’ai été un véritable idiot, ça fait mal. »

On en rigolait car on n’aurait jamais imaginé que les Brésiliens éliraient une personne aussi horrible, homophobe, sexiste, un fasciste comme président.

Aujourd’hui Felipe Neto assure qu’il réfléchit beaucoup avant de parler et assume son rôle d’influenceur mais toujours pour préserver la démocratie brésilienne qui, selon lui, est en danger avec Bolsonaro. « Je dois sans cesse répéter aux gens et à moi-même que je ne suis qu’un youtubeur. Je fais des vidéos sur les jeux, des vidéos comiques, je ne suis pas un expert en politique, prévient-il avant d’ajouter,  je pense que j’ai une responsabilité de lutter pour notre démocratie car j’ai des millions et des millions de Brésiliens qui me suivent. C’est très dangereux de faire cela mais je continue de me battre car je crois que c’est l’histoire que je veux raconter à mes enfants un jour et bref, je pense que c’est mon rôle. »

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