Pourquoi si peu d’hommes lisent-ils des livres écrits par des femmes ?

Alors que les femmes lisent des ouvrages écrits par des femmes comme par des hommes, l’inverse est loin d’être vrai, au point que de nombreuses autrices ont longtemps pris des pseudonymes masculins pour être lues. Et ce biais fait du tort aux uns comme aux autres.

Cet article est signé MA Sieghard, et non Mary Ann. Pourquoi ? Parce que je voudrais vraiment que des hommes le lisent. Des sœurs Brontë à George Eliot en passant par JK Rowling, pendant des siècles, les femmes autrices se sont senties obligées de dissimuler leur genre pour convaincre les hommes et les garçons de lire leurs livres. Mais aujourd’hui ? Est-ce toujours nécessaire ? La triste vérité est que oui.

Pour mon dernier ouvrage, The Authority Gap, qui explore les raisons pour lesquelles les femmes sont toujours moins prises au sérieux que les hommes, j’ai demandé au cabinet Nielsen Book Research de trouver exactement qui lisait quoi. Je voulais savoir si les autrices n’étaient pas seulement jugées moins légitimes que les hommes mais également si ces derniers prenaient seulement la peine de les lire. Les résultats n’ont fait que confirmer mes soupçons : les hommes sont disproportionnément moins enclins à ouvrir un livre écrit par une femme.

Parmi les dix autrices les plus vendues (parmi lesquelles figurent Jane Austen et Margaret Atwood, ainsi que Danielle Steel et Jojo Moyes), seuls 19 % de leur lectorat était constitué d’hommes, contre 81 % de femmes. Concernant les dix auteurs hommes les plus vendus (dont Charles Dickens, JRR Tolkien, Lee Child et Stephen King), la disparité est nettement moins marquée, avec 55 % de lecteurs masculins et 45 % de femmes.

Les hommes peu enclins à lire des femmes

En d’autres termes, si les femmes sont parfaitement disposées à lire des livres écrits par un auteur du sexe opposé, les hommes, eux, sont nettement moins nombreux à faire de

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Auteur

Mary Ann Sieghard

Mary Ann Sieghard est une journaliste et présentrice radio britannique. Elle est l’ancienne rédactrice en chef du quotidien The Times.

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L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au

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