Primaire écologiste : carte blanche aux outsiders

Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 20/08/2021 à 21h53
Mis à jour le 20/08/2021 à 22h01

Les Journées d’été écologistes qui se déroulent à Poitiers rassemblent les têtes d’affiche du mouvement, candidates à la Primaire de septembre en vue de l’élection présidentielle en 2022

Sandrine Rousseau et son écoféminisme, Delphine Batho et la décroissance, Jean-Marc Governatori et son écologie centriste, ont investi vendredi la scène principale des Journées d’été écologistes à Poitiers pour défendre leurs candidatures à la primaire de septembre.

Le tirage au sort a voulu que les deux favoris Yannick Jadot et Éric Piolle se succèdent sur la scène jeudi et que ces trois outsiders enchaînent vendredi soir leurs propres « cartes blanches » d’une heure chacun. L’économiste et ex-numéro 2 du parti Sandrine Rousseau, considérée par beaucoup comme la seule des trois à pouvoir déjouer les pronostics, a été très acclamée par la foule rassemblée dans l’amphithéâtre.

La tension monte à Poitiers. Sandrine Rousseau assure avoir été bousculée par Éric Piolle lors d’un attroupement aux #JDE : « C’était très violent ». L’entourage du maire de Grenoble dément totalement https://t.co/Dxpl3p7BSU

— Pierre Lepelletier (@PierreLepel) August 20, 2021

Elle a déroulé un discours à la radicalité assumée : « Tout notre système économique, social et sociétal est fondé sur le triptyque : nous prenons, nous utilisons et nous jetons. Le corps des femmes, le corps des racisés. Nous ne voulons plus ça et c’est ça la révolution que je vous propose. […] Pour cela il faudra du courage politique. Et du courage, j’en ai. De la colère, j’en suis remplie. De la radicalité, j’en suis pétrie ».

Chacun ses atouts

Lui a succédé l’entrepreneur Jean-Marc Governatori qui, devant une assemblée clairsemée, a plaidé pour son « écologie au centre » : « Si tu dis que tu veux rassembler la gauche, tu vas perdre les écologistes de droite. Il ne faut pas seulement tirer sur la partie gauche des buts ».

Voulant développer « une France du potager » créant des millions d’emplois dans l’agriculture, il a dit « croire beaucoup au principe de responsabilité » : « C’est toujours la faute de Macron, des syndicats, de Bruxelles, de quelqu’un d’autre. Nous avons une responsabilité » individuelle.

Quant à la députée Delphine Batho, elle a joué la carte de la proximité et de l’échange en installant son pupitre sur la pelouse, au bas de la scène surélevée. Longuement introduite par le député ex-LREM Cédric Villani, ce qui en a agacé certains dans l’assistance redevenue nombreuse, elle a plaidé pour que les écologistes assument de porter le concept de « décroissance », clivant dans l’opinion.

« Il est impossible de respecter les limites planétaires avec la boussole du PIB », a indiqué Delphine Batho. « La croissance est le nom du mur à abattre pour faire avancer l’écologie. La majorité culturelle ne deviendra politique que si nous portons une orientation et des mots d’ordre clairs qui élèvent la conscience écologique de la population ».

S’élevant contre la « présidentialisation », elle a assumé de ne pas donner de mesures précises ou de chiffres, voulant les co-construire avec les citoyens, dans l’hypothèse où elle serait désignée en septembre.