Twitter se mobilise pour Rebecca Enonchong, la « gourou des TIC » en Afrique, arrêtée au Cameroun

Un mot dièse inonde Twitter en ce moment, utilisé 30 000 fois en 24 heures : #freeRebecca. Comprenez « Libérez Rebecca Enonchong ».
Ce nom ne vous est peut-être pas familier, pourtant, née en 1967, Rebecca Enonchong est une femme d’affaire très influente dans le monde des nouvelles technologies en Afrique. Elle a créé en 1999 la société AppsTech, ancrée à la fois en Afrique et aux Etats-Unis où sa famille a déménagé quand elle était encore adolescente.

@africatechie is a mother to so many of us in the tech world. She is our super hero and a pillar that supports all of us.#FreeRebecca #RebeccaEnonchong pic.twitter.com/B4kLeZFSej

— Nges Brian (@nges_b) August 12, 2021

(Africatechie est une mère pour tellement d’entre nous dans le monde de la Tech. Elle est notre super héros et un pilier qui nous soutient tous.)

« Enonchong a été la lauréate de divers prix auprès d’organisations telles que le Forum Économique Mondial. Forbes l’a classée parmi les 10 Femmes Tech Fondateurs à observer en Afrique durant l’année 2014. En avril 2017, elle est élue Présidente du conseil d’administration d’Afrilabs, le plus grand réseau panafricain de centres d’innovation technologique. Elle a été réélue à ce même poste en 2019 », écrit infoscameroon, qui va jusqu’à qualifier la cheffe d’entreprise de « Gourou des TIC » (Technologies de l’Information et de la Communication NDLR).

Une femme d’affaire qui n’hésite pas à livrer le fond de sa pensée. Elle a participé à l’aventure Digital Africa, cette communauté de partenaires au service des entrepreneurs numériques africains. Une aventure voulue par Emmanuel Macron qui a tourné au fiasco, après que les Africains présents aient dénoncé les problèmes de gouvernance. « Les voix des trois membres africains du conseil d’administration qui, ensemble, représentent une communauté de plus d’un million d’entrepreneurs africains, sont ignorées », expliquait Rebecca Enonchong à l’époque.

La Camerounaise a été interpellée à Douala le 10 août dernier par la gendarmerie. Elle est accusée d’outrage à magistrats pour avoir demandé que toutes les affaires la concernant soient instruites par un seul juge. De longue date Rebecca Enonchong se bat contre un homme, un usurpateur selon elle, qui tente de s’accaparer l’héritage de son père au Cameroun. D’autres médias avancent un différent familial et une plainte de son frère à son encontre.

La demande de regroupement des affaires a visiblement déplu au procureur. Mais la garde à vue semble quelque peu disproportionnée, à ce que l’on sait pour l’heure de l’affaire. « Il n’y a aucune plainte écrite contre madame Enonchong. Il n’y a aucune convocation. Aucun mandat. Les gendarmes ont mentionné dans leur procès-verbal qu’ils ont reçu des instructions de la part du procureur général pour retenir madame Enonchong sur la charge d’outrage à magistrat », explique Kah Walla la présidente du Cameroon People’s Party, qui soutient la femme d’affaires.

Ce qui ne manque pas d’enflammer la toile, largement acquise à la cause de la cheffe d’entreprise. Dans la foulée certains contributeurs dénoncent les abus de pouvoir de la justice, et plus largement l’état général du pays. 

L’arrestation arbitraire de @africatechie témoigne du mépris constant de l’État de droit par les autorités camerounaises. Nos autorités piétinent la #Justice. Nous en appelons à sa libération immédiate. #FreeRebecca pic.twitter.com/sZMwURoC5M

— Yves PLUMEY (@PlumeYves) August 12, 2021