un «attentat» contre le réseau électrique prive d’eau l’Ouest de Bagdad

Une partie de la capitale irakienne est privée d’eau après un attentat mené contre un pylône par Daesh

La partie Ouest de Bagdad était privée samedi 14 août d’accès au réseau d’approvisionnement en eau après qu’un «attentat» perpétré par Daesh a endommagé un pylône qui alimente en électricité une station de pompage, selon les autorités et habitants.

Attentats ponctuels

Les actes de sabotage de pylônes se sont multipliés depuis le début de l’été en Irak, au moment où le pays fait face à une grave pénurie d’électricité.

Les autorités se gardent généralement de pointer du doigt tel ou tel groupe d’insurgés. Mais cette fois, l’armée irakienne a attribué l’«attentat» commis vendredi soir contre un pylône électrique à Tarmiya, dans la grande banlieue nord de Bagdad, aux djihadistes de Daesh. L’organisation, bien que vaincue militairement en 2017, continue d’entretenir des cellules qui perpètrent ponctuellement attentats et assassinats ciblés.

Le pylône servait à alimenter en électricité la centrale de pompage de Tarmiya qui abonde en eau Karkh, la partie Ouest de Bagdad où vivent plusieurs millions de personnes. En raison des incessantes coupures d’électricité que connaît l’Irak, la distribution en eau est erratique au quotidien. Pour pallier ces déficiences, nombre d’habitants de la capitale ont installé des réservoirs chez eux. «Nous n’avons pas beaucoup d’eau dans le réservoir et nous craignons que cette coupure ne se prolonge», a déclaré un habitant de Karkh.

Une soixantaine de pylônes détruits

Dans un communiqué, la municipalité de Bagdad a demandé aux habitants de «rationaliser» l’utilisation de l’eau qu’ils stockent dans leurs réservoirs «jusqu’au retour à la normale» qui devrait intervenir après la réparation du pylône saboté.

Jusqu’à maintenant, les autorités ont recensé la destruction d’une soixantaine de pylônes dans tout l’Irak, généralement dans des zones désertiques.

Le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a réuni vendredi des responsables de la sécurité et du renseignement et ordonné la création d’une cellule de crise consacrée à la protection du réseau électrique.