Vitali Chichov, un assassinat qui compromet la réputation de Kiev

Le gouvernement ukrainien vient d’annoncer le renforcement des mesures de protection des opposants biélorusses sur son territoire, et promet “toute la vérité” sur la mort de Chichov. Mais, pour la presse du pays, il est déjà trop tard.

Il avait disparu la veille et a été retrouvé pendu dans un parc de Kiev, le mardi 3 août. Opposant au régime d’Alexandre Loukachenko, Vitali Chichov, âgé de 26 ans, dirigeait une ONG du nom de Maison biélorusse en Ukraine. Et sa “mort tragique crée un précédent horrible”, écrit Dmytro Solomtchouk, député de Serviteur du peuple, le parti du président Volodymyr Zelensky, sur le site d’Oukraïnska Pravda.

C’est comme si Loukachenko avait “décidé de ‘dépasser’ son homologue du Nord, Poutine, dans sa volonté de faire pression sur la partie active de la société, qui lutte pour le changement dans son propre pays”, poursuit Solomtchouk. Un “précédent”, certes, même si “ce n’est pas le premier exemple de sa vengeance. Après l’atterrissage forcé d’un avion de Ryanair à Minsk et l’arrestation de l’opposant Roman Protassevitch, [le régime de Minsk] avait fait l’objet de lourdes sanctions. Mais ça ne l’a pas arrêté – le monde a été choqué par le sort réservé à l’athlète biélorusse Kristina Timanovskaïa”, qui a failli être “rapatriée de force depuis Tokyo pour avoir critiqué publiquement le Comité olympique biélorusse”.

Dénonçant “l’impunité totale” avec laquelle agit Minsk sur la scène internationale, Solomtchouk estime que “la justice et les services spéciaux ukrainiens sont obligés d’enquêter sur l’homicide de l’activiste biélorusse et doivent répondre à de nombreuses questions”.

Tous les citoyens ukrainiens sont témoins des crimes commis par des services étrangers sur leur territoire. Il n’y a pas de place pour un tel comportement dans le monde actuel, et les sanctions doivent être élargies au maximum.”

Toujours selon Solomtchouk, “le pouvoir ukrainien doit apporter tout le soutien nécessaire aux citoyens et aux entreprises biélorusses qui subissent de terribles pressions

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