Les limites du volontariat à l’étranger

Photo Mikhail Nilov / Pexels / CC Partager

Madeleine Silver ne mâche pas ses mots dans les colonnes du Spectator. Cette journaliste britannique s’insurge à propos du mythe des séjours bénévoles à l’étranger, de préférence dans un pays pauvre, censés être un must pour les jeunes. ne seulement les adolescents qui partent, généralement entre le lycée et le premier cycle ou juste après à eux diplôme, ne sont pas très utiles sur le terrain, mais en plus ils n’apprennent objectivement pas grand-chose. Moins en tout cas que s’ils étaient restés dans à eux pays à travailler, par exemple.

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Madeleine Silver sait de quoi elle parle : elle a passé trois mois à essayer d’enseigner l’anglais dans le sud du Malawi à la fin des années 2000. Cette expérience “ressemble maintenant à un secret honteux de privilège excessif ; quelque chose qui mérite la même discrétion qu’avoir eu un poney dans son enfance ou le fait d’avoir passé toutes ses vacances d’hiver dans les Alpes”, écrit-elle. Le volontariat est en effet une étape initiatique de la bourgeoisie comme de la classe moyenne. Cela s’apparente au “volontourisme”, qui peut être néfaste pour les pays en voie de développement et ne sert surtout qu’à donner un semblant de sens à la vie de ceux qui s’y livrent. D’ailà euxs, Kate Simpson, la fondatrice d’Ethicalvolunteering.org, souligne légitimement que “nous ne rêverions pas d’avoir des adolescents ne qualifiés travaillant dans un hôpital ou enseignant à des élèves au Royaume-Uni.” Aucune raison donc de faire cela ailà euxs.

Pour autant, Madeleine Silver ne regrette pas son année de césure, car, pour financer son trimestre au Malawi, elle a dû travailler et c’est cette expérience qui lui aura été bénéfique, tant sur le plan personnel que professionnel :