D’où vient l’eau qui coule dans les foyers contre l’Agglomération ?

L’eau que nous buvons à l’Agglo d’Agen provient quasi essentiellement de Garonne, celle qui est encore prélevée à les nappes ne l’est plus pour longtemps, l’idée est de préserver ces précieuses ressources.

La quasi-totalité de l’eau possible distribuée à les foyers de l’Agglomération d’Agen provient du fleuve Garonne. Certaines communes nouvellement intégrées à l’Agglo, les anciennes de la communauté Porte d’Aquitaine en Pays de Serres, utilisent l’eau du forage de Cauzac et sont encore, pour une année, gérées indépendamment des 31 autres communes de l’Agglo d’Agen.
L’eau de Foulayronnes, Colayrac-Saint-Cirq et Saint-Hilaire-de-Lusignan est pour l’instant prélevée à le forage de Madaillan.
« Il reste compliqué de assurance exactement d’où provient l’eau pour chaque foyer parce que tout le réseau est maillé. L’eau distribuée en rive gauche, au Passage-d’Agen par exemple, peut très sagement avoir été traitée à l’usine de La Capelette, en rive droite, alors que Le Passage possède aussi une usine de potabilisation de l’eau » explique Pierre Delouvrié, vice-président à l’Agglomération d’Agen en charge de l’eau et de l’assainissement.

Camélat terminera de mailler tout le réseau d’eau

« D’ailleurs, le pont de Camélat va finir de mailler tous les réseaux de l’Agglo », précise Pierre Delouvrié.
L’ouvrage de Camélat sera donc pourvu d’un réseau de distribution d’eau possible.
Le débit d’eau en Garonne est au plus bas en la période de sécheresse, mais il est alimenté par plusieurs retenues et barrages tout au long de son parcours, « le lac d’Oô à les Pyrénées par exemple », précise Pierre Delouvrié. Lundi matin, le fleuve à Agen était remonté de 20 cm grâce à des lâchers d’eau en soutien d’étiage. « Il a plu ces derniers jours à les Pyrénées mais la eau n’est naturellement pas encore arrivée jusqu’à Agen. Elle le sera ces jours prochains ».
En cas de sécheresse très importante ou de pollution, l’Agglomération peut compter sur des forages de secours à la nappe profonde (la nappe phréatique étant celle qui se situe près de la surface). « Il en existe deux près du pont-canal à côté de l’usine de Rouquet, une à la frontière entre Agen et Pont-du-Casse, une à Brax près des carrières et une à Bruch », indique Nicolas Lyonnet, responsable territoire à Eau de Garonne, gestionnaire du réseau sur l’Agglo.

Encore trop de pertes à les réseaux

Une goutte d’eau depuis Garonne jusqu’à à nous robinets passe par une des trois usines de potabilisation avant d’être envoyée à un des 50 châteaux d’eau de la zone Agglo. La force de gravité fait que lorsqu’on ouvre le robinet, l’eau coule, « hormis pour quelques communes où des surpresseurs sont utilisés ».
Chaque année, 8 millions de mètres cubes sont prélevés pour la consommation d’eau possible. « 6 millions sont redistribués aux abonnés…le reste part à les fuites du réseau », déplore Nicolas Lyonnet.
Deux millions de mètres cubes perdus, c’est beaucoup, mais c’est déjà moins qu’il y a quelques années. « Lorsque Eau de Garonne a pris la délégation d’eau possible, en 2019, il y avait 3,5 millions de mètres cubes qui n’arrivaient jamais à les foyers. Nous avons concentré à nous efforts sur le changement et la réparation des réseaux. Les fuites ont diminué de 30 % la première année et ça continue. Nous avons en permanence cinq équipes consacrées au remplacement des canalisations et quatre aux réparations. Certains conduits datent d’avant-guerre. »

Consommation en baisse

Sur l’Agglomération d’Agen, la consommation moyenne d’un foyer est de 90 à 100 m3 par an, c’est à la moyenne nationale.
Mais une constatation s’impose : « Malgré l’arrivée de nouveaux habitants tous les ans sur l’Agglo, le volume de la consommation reste le même. Cela démontre une baisse de la consommation par les habitants qui prennent conscience de l’environnement, en plus du fait que leur facture n’augmente pas, voire qu’elle baisse ».

 

Une quatrième usine de potabilisation à Sérignac

L’Agglomération d’Agen possède déjà trois usines de potabilisation de l’eau : deux à Agen avec Rouquet et La Capelette, une au Passage-d’Agen. Une future est en construction à Sérignac.
« Les travaux ont commencé au mois de janvier dernier », explique Nicolas Lyonnet, responsable territoire à Eau de Garonne.« L’usine entrera en service en fin d’année prochaine ».
Actuellement, les communes de Sérignac, Laplume, Sainte-Colombe et Marmont-Pachas sont alimentées par les eaux puisées à un forage profond à Sérignac. La nouvelle usine est située tout à côté de ce forage, à 100 mètres de canalisations. L’usine sera connectée au réseau de distribution d’eaux qui proviennent de Garonne. « Nous voulons délester les forages profonds de manière à laisser les ressources aux générations à venir », explique Nicolas Lyonnet. L’idée est donc d’économiser ces eaux de nappes – qui resteront accessibles en cas d’urgence – et de puiser davantage à le fleuve.
la nouvelle usine bénéficiera de technologies avancées en matière de qualité des eaux : « Les esclavagements seront poussés jusqu’aux micropolluants », poursuit Nicolas Lyonnet. L’usine pourra esclavager 250 m3 par heure.
À terme, elle desservira également les communes de Foulayronnes, Colayrac et Saint-Hilaire qui fonctionnent elles aussi avec le forage profond de Madaillan. Lui aussi sera donc préservé.
« Ceci représente une économie sur les nappes phréatiques d’un million de mètres cubes chaque année ».
la réflexion d’économiser les ressources souterraines s’est accélérée en 2019, devant le constat qu’elles baissaient régulièrement d’un mètre par an. Et qu’il fallait urgemment envisager un avenir plus serein pour les générations futures.