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L’UE impose des sanctions économiques inédites au régime de Loukachenko

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Les Européens ont décidé lundi 21 juin de couper d’importantes sources de revenus du régime biélorusse pour sanctionner le détournement d’un vol de la compagnie Ryanair afin d’arrêter le journaliste biélorusse Roman Protassevitch. Une mesure rare, note la presse internationale.

Ce n’est pas tous les jours que les pays membres de l’Union européenne votent à l’unisson. Lundi, à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont décidé à l’unanimité de frapper au portefeuille le régime biélorusse d’Alexandre Loukachenko, après le déroutement d’un vol de la compagnie Ryanair par Minsk dans le but d’arrêter le journaliste et opposant Roman Protassevitch.

C’est une véritable “pluie de sanctions” qui s’est abattue “sur le dictateur Loukachenko”, titre le quotidien belge Le Soir. Les Européens ont notamment gelé les avoirs de sept sociétés dirigées par des proches d’Alexandre Loukachenko et placé sur la liste noire de l’UE un fils du président, Dmitri, et l’épouse de son aîné Viktor, Lilia Loukachenko.

Un accord nécessaire pour convaincre l’Autriche

Les ministres ont ensuite confirmé à l’unanimité la série de mesures affectant sept secteurs de l’économie de la Biélorussie. Ces sanctions incluent “des services financiers et des assurances, un embargo sur des produits pétrochimiques, la potasse et les livraisons de tabac”, selon L’Écho. Tout nouveau prêt bancaire à l’État, à la banque centrale et aux banques et entités détenues en majorité par l’État sera également interdit.

“Les exportations de potasse, un engrais important pour fertiliser les sols agricoles, sont une source majeure de devises étrangères pour la Biélorussie, explique le New York Times. La société d’État Belaruskali affirme qu’elle produit 20 % de l’approvisionnement mondial.”

D’après L’Écho, les sanctions financières ont nécessité un accord avec l’Autriche, “des avoirs se trouvant dans des banques autrichiennes étant visés”.

Le détournement de Ryanair a “changé la donne”

“L’adoption de sanctions économiques, une mesure rarement prise par les Européens, a longtemps été repoussée par les Vingt-Sept, qui préféraient tabler sur des ‘mesures restrictives’ individuelles”, note Le Soir. “Les sanctions économiques étaient jusqu’ici écartées au motif qu’elles risquaient d’avoir ‘un impact négatif sur la situation de la population’. Autre argument : mettre l’économie biélorusse à genoux ne ferait que ‘pousser davantage Loukachenko dans les bras de Poutine’. Et puis, sinon surtout, chacun des Vingt-Sept faisait ses comptes et évaluait ce qu’il avait à perdre en attaquant certains pans du business avec Minsk”, analyse le quotidien belge. Mais, selon un diplomate européen qui s’est entretenu avec Le Soir, le détournement du vol Ryanair a changé la donne. “Il faut désormais toucher le régime, les oligopoles d’État liés à Loukachenko, et le moins possible les intérêts européens et la population biélorusse”, a-t-il expliqué.

Ces sanctions économiques “marquent un pas en avant dans le ciblage du régime autoritaire de Loukachenko”, remarque le Financial Times. L’UE avait déjà sanctionné 88 membres du régime, dont le président Alexandre Loukachenko et son fils. Mais ces sanctions individuelles ont surtout eu pour conséquences d’accentuer la répression. Avec les sanctions économiques, les dirigeants de l’UE espèrent maintenant faire plier le régime.

Lundi, afin de donner encore davantage de poids à ces mesures punitives, les Vingt-Sept se sont coordonnés avec les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada pour sanctionner des dizaines de personnalités et des entreprises liées au pouvoir en place à Minsk.

Noémie Taylor-Rosner

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