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l’entourage du Dalaï Lama apparaît dans le listing dulogiciel espion

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On savait depuis longtemps que la Chine surveillait de près les activités du Dalaï Lama, qu’elle a toujours perçu comme un danger pour son régime depuis son exil du Tibet en 1959. En 2009 déjà, un rapport américain évoquait les cyberattaques dont les sites du leader tibétain avait été victime. En août 2012, un journaliste canadien affirmait avoir quitté l’agence de presse chinoise Xinhua parce qu’on lui avait demandé d’espionner le leader tibétain. Ces histoires sont légion.

Mais si la Chine a toujours été désignée comme le possible commanditaire de ces actes de surveillance, personne n’imaginait que le gouvernement Indien, qui accueille le Dalaï Lama à Dharamsala, sur son territoire, au nord du pays, puisse aussi surveiller ses activités, quitte à avoir recours à des moyens de surveillance très sophistiqués. C’est pourtant ce que montre l’analyse de la liste des numéros sélectionnés comme cibles par les clients de NSO, à laquelle a eu accès le consortium créé par Forbidden Stories, dont fait partie la cellule investigation de Radio France.

>>> Projet Pegasus : ce que l’on sait de l’affaire de cybersurveillance mondiale

Dans le listing analysé par notre consortium apparaissent les numéros de téléphone de nombreuses personnalités proches du Dalaï Lama. Tout commence en décembre 2017. Lorsqu’il termine son deuxième mandat en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama souhaite rencontrer le Dalaï Lama. Sa visite aura lieu en Inde, à New Delhi. Elle est d’autant plus sensible aux yeux des dirigeants indiens qu’elle se déroule dans la capitale indienne après que le président américain se soit rendu en Chine, pays frontalier à l’influence croissante, avec lequel l’Inde entretien des relations tendues.

Or c’est justement peu avant cette rencontre que le client indien de NSO va entrer plusieurs numéros liés au Dalaï Lama dans la liste des cibles potentielles de Pegasus. Pas simple cependant d’accéder à lui. Bien qu’il soit féru de nouvelles technologies (une application permet de le suivre), qu’il ait un compte Twitter, et même un conseiller en cybersécurité, le chef spirituel bouddhiste n’utilise pas de smartphone. La parade a consisté à cibler son entourage.

On voit donc apparaître les numéros de six membres du gouvernement en exil tibétain dans la liste des cibles potentielles du logiciel espion. Parmi eux, celui de Lukar Jam, ex-candidat au poste de Premier ministre du gouvernement en exil, de Tenzin Tsundue, un activiste bouddhiste en Inde, et de Pasang Karmapa, un leader religieux. Une analyse plus fine de cette liste des montre que le chef spirituel tibétain s’est, de fait, retrouvé cerné.

Au total, les numéros de téléphones de 17 personnalités constituant sa garde rapprochée ont été inscrits parmi les cibles potentielles de Pegasus, y compris l’assistant personnel du Dalaï Lama, trois de ses secrétaires et son actuel Premier ministre Penpa Tsering, dont le cabinet est à New Delhi. Tous se sont ainsi retrouvés transformés malgré eux, en autant de mouchards potentiels. Faute d’avoir expertisé les téléphones, il est cependant impossible de savoir s’ils ont finalement été infectés ou non.

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