InternationalAu Nicaragua, Daniel Ortega dictateur des temps modernes

Au Nicaragua, Daniel Ortega dictateur des temps modernes

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Les arrestations d’opposants nicaraguayens se succèdent depuis plus d’un mois, dans la quasi-indifférence de la communauté internationale. Où le dictateur de 75 ans s’arrêtera-t-il, s’interroge le site d’investigation latino-américain Connectas?

Depuis 2018, ses abus de pouvoir et violations des droits humains font marcher Daniel Ortega sur le fil du rasoir. Ses dernières décisions ont réussi ce qui semblait impossible : augmenter encore plus son discrédit dans son propre pays et dans le monde entier.

Il a accompli cette prouesse en mettant sous les verrous ses adversaires à la prochaine élection présidentielle, prévue le 7 novembre 2021, ainsi que d’anciens compagnons d’armes de la révolution sandiniste. 

Il n’a eu aucune honte à ordonner l’arrestation, pour d’obscurs motifs aux connotations politiques, de candidats tels que Cristina Chamorro, Arturo Cruz et Félix Maradiaga Blandon, les disqualifiant ainsi de la course électorale. Il n’a même pas épargné certains de ceux qui furent ses plus proches camarades de lutte, comme Dora María Téllez, l’ex-général Hugo Torres et l’ancien vice-ministre des affaires étrangères Víctor Hugo Tinoco [bien d’autres arrestations ont suivi]

Accusés de “trahison à la patrie”

Ortega est en bonne voie de devenir le énième dictateur de l’histoire tourmentée du Nicaragua. Cela fera de lui le successeur de la dynastie Somoza, celle-là même qu’il a œuvré à renverser en faisant triompher la révolution sandiniste en 1979. Paradoxalement, il a adopté exactement les mêmes pratiques que les Somoza.

La première consiste à mentir et à forcer ceux qui sont sous les ordres du président à en faire autant. D’où les tribunaux à sa botte, débitant les accusations de “gestion frauduleuse et de tromperie idéologique”, de “blanchiment d’argent, de biens et d’actifs”, d’“atteinte à la société nicaraguayenne et aux droits du peuple”, de “tentative de déstabilisation en proposant des blocus économiques et en applaudissant les sanctions prises contre le pays” et de nombreuses autres encore allant jusqu’à la “trahison de la patrie”.

“Je n’avais jamais rien vu de tel en trente ans”, déclare José Miguel Vivanco, directeur pour les Amériques de l’ONG Human Rights Watch. En réalité, les abus d’aujourd’hui ne sont que les dernières manifestations d’une vieille politique de répression et de violence officielles.

En 2018, alors qu’il n’y avait aucune élection en vue, Ortega franchissait déjà la limite qui sépare l’État de droit de l’autoritarisme. La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a compté 328 morts entre avril 2018 et septembre 2019, plusieurs centaines de prisonniers politiques et des milliers de personnes poussées à l’exil à cause de la répression exercée par les forces armées et les groupes paramilitaires.

“Les gens ont peur, très peur”

Les Nations unies (ONU) et l’Organisation des États américains (OEA) s’accordent à dire que le gouvernement Ortega a commis des crimes contre l’humanité. “C’est pour cela qu’au Nicaragua les gens ont peur, très peur”, explique un habitant de Managua qui souhaite garder l’anonymat, justement à cause de cette peur. Il décrit ce qu’il voit aujourd’hui dans les rues de la capitale :

Les gens n’en peuvent plus, mais ils n’osent pas sortir manifester. Nous vivons depuis 2018 dans un État policier, qui se livre à des exactions avec sa propre armée ou avec des organisations parapolicières ou paramilitaires.”

L’Église, dans ce pays majoritairement catholique, a également condamné les violations des droits humains perpétrées actuellement. Cela explique peut-être pourquoi elle est également la cible de menaces, comme des messages de représailles aux prêtres ayant osé dénoncer ces abus peints sur les murs des lieux de culte.

Les capitaux fuient

Le secteur privé préfère ne plus s’exprimer après des années d’idylle avec Ortega à l’abri d’un accord controversé baptisé “Dialogue et consensus”, comme l’avait alors

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Víctor Diusabá

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