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Après les violences, l’Afrique du Sud s’interroge sur les racines de l’“insurrection”

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Le président Cyril Ramaphosa est sommé de réagir après la faillite de l’appareil sécuritaire sud-africain sur fond de guerre de factions au sein du parti au pouvoir. Jeudi 29 juillet, il a évoqué un possible remaniement.

Pourquoi les forces de l’ordre ont-elle mis une semaine à venir à bout des violences qui ont dévasté deux provinces de l’Afrique du Sud entre le 9 et le 16 juillet ? Le choc passé, alors que le bilan des émeutes est désormais de 330 morts, la presse sud-africaine analyse durement la faillite des renseignements, incapables d’anticiper la menace, et celle des forces de l’ordre, incapables d’y répondre. Au sommet de l’État, le président Cyril Ramaphosa, pressé de faire le ménage, envisage un remaniement.

C’est que le cadre de lecture des événements a changé. “Au départ, les analystes ont mis les émeutes sur le compte de la colère liée aux difficultés économiques et des frustrations nées de la pandémie et des restrictions”, rappelle News24. Le 9 juillet, alors que l’ancien président Jacob Zuma vient d’être incarcéré après avoir été condamné à quinze mois de prison pour avoir refusé de témoigner devant une commission d’enquête sur la corruption, des attaques visent des camions sur l’autoroute qui relie Durban à Johannesburg.

Le chaos a-t-il été organisé en coulisse ?

Parties de la province du Kwazulu-Natal, bastion de Jacob Zuma, les attaques se muent en pillages de masse et s’étendent à la plus grande ville du pays, Johannesburg, et à la capitale, Pretoria. Des centaines de centres commerciaux sont pris d’assaut par des milliers de pillards – plus de 3 000 personnes ont été arrêtées. À Soweto, écrit News24, des habitants organisent la protection d’un centre commercial pendant trois jours avant de voir arriver les forces de l’ordre. Faute de policiers, des milices civiles quadrillent les rues de certains quartiers. Le Daily Maverick raconte ainsi qu’à Phoenix, au nord de Durban, elles laissent près de quarante morts dans leur sillage, sur fond de tensions entre communautés noire et indienne.

Mais à mesure que les jours passent, les attaques se multiplient sur des cibles stratégiques (autoroutes, entrepôts, port) et une question devient brûlante : dans quelle mesure le chaos est-il organisé en coulisse ? Le gouvernement évoque d’abord un “sabotage économique”, un terme lourd de sens, associé aux techniques de lutte de l’ANC contre l’apartheid. Quelques jours plus tard, rappelle le Daily Maverick, le président Cyril Ramaphosa parle d’“insurrection”.

Rapidement, les forces de l’ordre assurent avoir identifié douze “instigateurs” présumés des violences. Mercredi 28 juillet, elles ont annoncé que onze individus avaient été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur l’origine des émeutes. D’eux, on ne sait pratiquement rien. D’après News24, un ancien responsable des services de renseignements réputé proche de Jacob Zuma, serait dans le viseur des enquêteurs.

Incitations à la violence sur Twitter

Face au silence, les rumeurs se multiplient. “Des proches du gouvernement assurent que les renseignements ont découvert des informations impliquant des hauts responsables politiques, de riches businessmans et des membres ordinaires de l’ANC impliqués dans l’organisation des violences”, croit savoir

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Mathilde Boussion

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