Marseille"Ça perd énormément de son charme"

« Ça perd énormément de son charme »

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Aux portes de Marseille, le parc national des calanques est victime de son succès. En deux ans, il a connu une hausse de 50 % de sa fréquentation, avec 3 millions de visiteurs par an. L’affluence atteint des records pendant l’été. Et effectivement en ce mois d’août, dès les premières heures de la journée, le parking pour accéder à la calanque de Sugiton est bondé. Les visiteurs défilent sous le regard de Barbara et Théo qui travaillent pour l’office du tourisme : « Il y a des touristes français, Parisiens, Lillois, étrangers… », énumère Théo. « Il y a aussi les vélos qui passent », ajoute tout aussi laconique Barbara, « les Uber qui déposent au moins cinq ou six personnes, beaucoup de familles aussi ». 

Il faut marcher une bonne demi-heure sous les pins pour apercevoir la calanque. Lisa et ses parents se sont arrêtés là pour observer de loin les eaux cristallines. « On voit que ça n’arrête pas de défiler », décrit Lisa. « Tous ces gens qui descendent presque par grappe sur la plage qui nous paraît d’en haut toute petite », constate son père.  

« C’est la folie ! », s’exaspère Christelle, une habituée de la calanque de Sugiton, « surtout à cette heure-ci ». Au bord de l’eau, difficile de trouver une place. « Vous n’avez plus de place pour mettre la serviette ! Il y a du monde partout ! Voyez ! Ils sont installés partout pour manger. C’est bouché. Même les petits chemins de randonnées. Pour y accéder, vous attendez que les gens descendent, après vous pour monter. C’est overbooké ! » 

Alors pour éviter la saturation, il faudra réserver dès l’année prochaine pour accéder au site. La jauge sera limitée, entre 400 et 600 personnes par jour. Mais ça ne plaît pas à tous les promeneurs. « Je trouve que ça enlève une liberté sur un lieu naturel », critique Charlène qui arrive du Pays Basque. Se lever et se dire : ‘Je vais aller aux calanques. Ah bah non en fait, fallait réserver, il n’y a plus de place’. Du coup, il faut s’organiser, ça perd énormément de son charme ». 

Trouver le bon équilibre entre l’accueil du public et la protection de la biodiversité, la tâche n’est pas aisée. La surfréquentation n’est pas sans conséquences pour la calanque, explique Didier Réault, le président du parc. « Le premier impact, c’est le piétinement qui engendre l’érosion des sols, le déracinement des arbres et des plantes. Lorsqu’il pleut ensuite, ce sol se retrouve en mer et nuit aux plantes sous-marines. C’est aussi le bruit qui évidemment effarouche les espèces animales. » 

Si la mesure s’avère efficace pour lutter contre toutes ces nuisances, le parc se réserve le droit d’élargir le système de réservation à d’autres calanques très fréquentées.

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