Internationalviens t’asseoir dans la cabane du bonheur au Royaume-Uni

viens t’asseoir dans la cabane du bonheur au Royaume-Uni

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Incontournables dans les stations balnéaires outre-Manche, ces petits abris multicolores connaissent un vif regain de popularité depuis le début de la pandémie. Lieu de socialisation et de contemplation, ils symbolisent un art de vivre à la britannique, relève cette journaliste, dans la ville de Brighton & Hove. À condition d’en avoir les moyens.

Tous ceux qui rencontrent Bonny Holland sont frappés par la même chose : sa passion pour les cabanes de plage. “Bonny publie sur notre groupe Facebook à peu près quatre fois par jour”, indique Robert Nemeth, un conseiller municipal de Brighton & Hove, qui a fondé la Hove Beach Hut Association [Association des cabanes de plage de Hove].

Dans sa cabane de plage, Bonny Holland, cette ancienne enseignante à la retraite de 62 ans, dispose d’un réchaud à deux feux, d’une poêle à frire, d’une poêle à griller en fonte, de lingettes pour effacer les graffitis et, le nec plus ultra, d’un WC ! “Asseyez-vous donc là-dessus !” me lance-t-elle gaiement, tout en dépliant un siège de toilettes portable à mon intention, “et soulagez-vous !”

À Hove, des rangées de cabanes de plage bordent la promenade comme autant de dents multicolores. D’une superficie d’à peine un demi-mètre carré, elles n’ont ni sanitaires, ni électricité, ni chauffage. On ne peut pas non plus s’y allonger, même s’il est possible d’y préparer un repas ou d’y faire pipi, à condition d’avoir l’ingéniosité d’une Bonny Holland.

Jusqu’à 40 000 euros pour un demi-mètre carré

Toutes les cabanes sont peintes à l’identique, mais leurs portes peuvent être de la couleur du choix du propriétaire. Ces abris en bois se conservent à peu près aussi bien qu’une voiture neuve impliquée dans un carambolage sur l’autoroute dès sa sortie d’une aire de stationnement. Les bourrasques et les embruns marins les malmènent et les corrodent. En hiver, de la moisissure noire s’installe, et il arrive souvent qu’elles soient envahies de souris. Parfois, les cabanes disparaissent du front de mer, emportées par des vents impétueux. Une cabine de bonne facture durera une dizaine d’années avant de devoir être remplacée, mais il faudra la repeindre et l’étanchéifier tous les ans.

Si tout cela vous séduit et que vous habitez à Brighton ou à Hove [les deux villes se touchent et forment Brighton & Hove], vous pouvez acquérir une cabine de plage moyennant un prix compris entre 25 000 et 35 000 livres [29 200 et 40 900 euros], plus un loyer de 416 livres [486 euros] par an. Depuis l’éclatement de l’épidémie de Covid, la demande a augmenté de façon spectaculaire. “C’est du grand n’importe quoi cette année”, constate Heather Hilder-Darling, de l’entreprise Callaways, qui gère les ventes, “les cabanes de plage partent comme des petits pains”. Pour la première fois, des acheteurs font des offres à l’aveugle. On observe le même engouement partout ailleurs : ainsi, en début d’année, à Mudeford Sandbank, dans le sud-ouest de l’Angleterre, une cabane de plage s’est vendue 320 000 livres [347 000 euros]. Par ailleurs, les propriétaires qui louent leurs cabanes de plage sur Airbnb ont facilement doublé, voire triplé, leurs tarifs.

Le casse-tête des cadenas

Bonny Holland a baptisé la sienne Rose’s Rest [“le repos de Rose”], du nom de sa mère. “J’avais envie d’avoir une cabane depuis l’âge de 8 ans”, raconte-t-elle, “nous marchions le long du front de mer quand ma mère m’a demandé ce que je voulais pour Noël. J’ai répondu : une cabane de plage.” Mais elle a dû attendre jusqu’à juin pour réaliser son vœu le plus cher. Celle-ci a été un véritable havre de paix pour elle pendant la pandémie. “La vie ralentit quand on est assis à l’intérieur”, dit-elle, “les heures passent, sans qu’on le remarque ou presque. J’arrive parfois ici avec plein de choses à faire, et finis par n’en faire aucune !”

Bonny me coupe une part de rocky road [gâteau à base de chocolat, de guimauve et de biscuits]. Nous contemplons la mer en cette première journée ensoleillée depuis des semaines. Des gens font du paddle sur les eaux calmes d’une mer d’azur. Tout est paisible, jusqu’à ce que Bonny bondisse soudain de sa chaise pliante. “EEEEddiie”, hurle-t-elle, en

[…]

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Auteur

Sirin Kale

Journaliste basée à Londres, Sirin Kale traite aussi bien de droits des femmes et de politique que de musique et de sujets culture. Elle collabore notamment à The Independent et à The Guardian.

Source

L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au

[…]

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