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À Caracas, 700 000 habitants du quartier de la Cota 905 sous l’emprise du gang d’El Koki

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À trois kilomètres des bureaux du président Nicolás Maduro, le quartier de la Cota 905 surplombe Caracas. Contrôlé par le gang d’El Koki, il fait partie des six zones de la capitale qui échappent à l’autorité de l’État. En juillet, une offensive policière a fait 33 victimes, dont seules 4 seraient des délinquants. El Koki demeure insaisissable.

Sur les hauteurs du quartier de la Cota 905, quasiment toutes les maisons sont criblées de balles. Ce sont les traces du conflit qui a fait de Carlos Luis Revete, alias El Koki, le seigneur de ce grand périmètre de Caracas où vivent près de 700 000 habitants. Ici, El Koki fait la loi aux côtés de Carlos Calderón, dit El Vampi, et de Garbis Ochoa, dit El Garbis.

Début juillet, trois jours d’affrontements armés entre criminels et forces de l’ordre ont projeté au cœur de l’actualité l’un des gangs les plus redoutables de la capitale vénézuélienne – des troubles que le président, Nicolás Maduro, a imputés à l’opposition. Mais ce pic de violences n’a rien d’inédit : les bandes criminelles règnent dans le sud-ouest de Caracas depuis près de dix ans.

Mégagangs

Avant El Koki, il y en a eu d’autres. À 43 ans, Carlos Luis Revete a un profil atypique, si l’on en croit les spécialistes de la violence au Venezuela. Il a plus de 25 ans, qui est en moyenne l’espérance de vie chez les délinquants dans les régions les plus pauvres du pays ; il a à son actif plusieurs assassinats de policiers et il n’a jamais été arrêté, alors même qu’il est visé par un mandat d’arrêt depuis 2012, ce qui fait de lui une légende.

Son gang a choisi pour modes d’action l’enlèvement, le narcotrafic et le vol de véhicules. La presse a identifié certaines de ses méthodes : tuer et immoler par le feu ses victimes. Quelques vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux témoignent du statut de ce gang. Ils ont promu à visage découvert des fêtes de quartier auxquelles participent des chanteurs, des artistes et des DJ populaires au Venezuela, dont certains sont proches du gouvernement de Maduro.

Les habitants de la Cota 905 affirment qu’il est venu à bout de ses rivaux et qu’il a noué des alliances afin de créer ce que les criminologues comme Fermín Mármol García appellent un “mégagang”, c’est-à-dire une organisation criminelle comprenant plus de 60 hommes et équipée d’armes de guerre. C’est un phénomène observé dans les grandes villes les plus violentes d’autres pays latino-américains, comme le Mexique et le Brésil. Au sein même de Caracas, il existe dans au moins cinq autres quartiers abandonnés par l’État, précise le spécialiste.

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Florantonia Singer

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C’est depuis sa rédaction de Mexico que le plus grand quotidien espagnol, qui se veut “global”, alimente ce site d’information dédié à l’actualité des Amériques. Il s’appuie sur des correspondants installés dans la quasi-totalité des pays d

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