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Au Mali, les putschistes au pouvoir doivent (aussi) battre les terroristes

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Le 8 août, au moins 50 civils ont trouvé la mort dans le nord du Mali. Ce massacre devrait servir de piqûre de rappel aux putschistes et à leurs alliés, estime Le Pays. Jusqu’alors, ils semblent avoir privilégié leur soif de pouvoir, à défaut de lutter efficacement contre le terrorisme, déplore cet éditorialiste burkinabè.

Le décompte macabre se poursuit au Mali. En effet, plus de cinquante civils ont été froidement abattus le 8 août dans quatre localités du nord du pays, situées non loin de la frontière avec le Niger. Karou, Ouatagouna, Dirga et Déoutéguet, pour ne pas les nommer, ont subi la furie meurtrière des terroristes dont on dit que certains sont arrivés à pied et d’autres à motos.

Parmi les victimes, on dénombre essentiellement des femmes et des enfants dont on se demande encore ce qu’ils ont fait pour mériter un tel sort. L’horreur dans toute sa laideur, est-on tenté de s’exclamer face à cette nouvelle orgie sanglante, qui vient rappeler aux autorités maliennes de la transition qu’elles ont du pain sur la planche. D’autant que les forces françaises de Barkhane [opération militaire lancée en 2014 au Mali pour combattre les groupes terroristes dans le nord du pays], qui, on le sait, jouent un rôle déterminant dans la lutte contre le terrorisme, sont en train de faire leurs paquetages [Emmanuel Macron a annoncé le désengagement progressif de la force française au Mali, les effectifs doivent être réduits de moitié].

S’accrocher au pouvoir

En tout cas, le Premier ministre Choguel Maïga est prévenu. Car cette attaque d’envergure intervient moins d’une semaine après la validation de son programme d’action par le Conseil national de transition (CNT) [d’ici la fin de la transition, en février 2022, il s’est notamment engagé à lutter contre l’insécurité dans le pays]. Il se doit maintenant d’aller au charbon afin de rassurer ses compatriotes qui ne demandent qu’à vivre paisiblement. Les maîtres de Bamako ont d’autant plus intérêt à se secouer que l’un des arguments invoqués pour justifier leur coup de force contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) [l’ancien président du Mali, renversé le 18 août 2020] était l’inertie du régime contre les forces du mal. Ils ne peuvent donc plus se permettre de reproduire les mêmes erreurs au risque de se mettre à dos l’opinion nationale et internationale.

Cela dit, on est en droit d’attendre d’Assimi Goïta [le président de la transition malienne] et son équipe la formule magique pour vaincre le terrorisme sur le sol malien. C’est à ce prix qu’ils prouveront aux uns et aux autres qu’ils ont fait mieux que leurs prédécesseurs qu’ils accusaient d’être à l’origine de tous les maux du Mali. Y parviendront-ils ? On peut en douter.

Leurs faits et gestes laissent plutôt penser qu’ils sont moins préoccupés par le sort de leurs compatriotes que par la volonté de s’accrocher au pouvoir au terme de la transition en cours. On les voit venir ! Car, de plus en plus, des voix, et pas des moindres, commencent à s’élever pour dire que les délais de la transition sont si courts qu’ils ne sont pas tenables. Pendant ce temps, d’autres appellent ouvertement à la candidature d’Assimi Goïta à la prochaine présidentielle, et ce alors même que la charte de la transition l’en empêche.

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Fondé en octobre 1991, ce journal indépendant est rapidement devenu le titre le plus populaire du Burkina Faso. Il multiplie les éditoriaux au vitriol.
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