PolitiqueÉditorial : Respect au père Olivier

Éditorial : Respect au père Olivier

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Par Benoît Lasserre – [email protected]
Publié le 10/08/2021 à 19h30
Mis à jour le 10/08/2021 à 19h45

On pouvait espérer, sans illusion excessive, que quelques heures de décence et de silence honoreraient la dépouille du père Olivier Maire, tué lundi par le réfugié rwandais qui s’accuse déjà d’avoir incendié la cathédrale de Nantes, le 18 juillet 2020. Comme de coutume, le réseau social Twitter a ouvert, à grand débit, son robinet de réactions dont on retient, bien sûr, les plus éruptives.

Pour certains responsables politiques, il s’agit moins de saluer la mémoire de la victime que de monter sur la plus haute marche du podium de la démagogie. Il sera difficile d’éviter les ex aequo même si Philippe de Villiers, en associant la mort du religieux avec la mise en application du pass sanitaire, a pris plusieurs mètres d’avance sur le peloton. Peut-être ce partisan des frontières devrait-il redécouvrir celles qui délimitent la honte.

Il est étrange de constater une nouvelle fois que ces voix qui s’élèvent à droite toute de l’échiquier politique invoquent souvent, et à juste titre, l’héritage chrétien de notre civilisation. Mais elles le font de préférence quand il faut défendre les valeurs, parfaitement respectables, du droit à la vie, de la famille ou du mariage.

« Qui accepterait d’héberger chez lui l’homme qui a tenté de détruire votre maison et dont le cerveau malade peut soudainement décider de vous tuer ? »

Comme frappées d’hémiplégie, elles sont beaucoup moins volubiles quand on rappelle un autre chapitre du discours issu des Évangiles, celui de la solidarité, du partage et de l’accueil. On n’a pas besoin de savoir ce qu’Olivier Maire pensait de l’avortement ou de l’union entre homosexuels. Lui a mis en pratique, entièrement, le message du Christ au service duquel il avait mis sa vie, au risque de la perdre.

Qui accepterait d’héberger chez lui l’homme qui a tenté de détruire votre maison et dont le cerveau malade peut soudainement décider de vous tuer ? Il faut une spiritualité et un courage hors du commun pour ouvrir ainsi sa porte à l’inconnu. Beaucoup de naïveté et d’angélisme, affirmeront de leur côté ceux qui lisent Voltaire plutôt que Rousseau. Il n’est pas question de prétendre que le geste généreux du père Olivier doit être appliqué à l’ensemble de la société. D’où la séparation de la foi et de la loi. Les délinquants et les criminels doivent être punis et mis hors d’état de nuire. Le pardon est une autre affaire, personnelle et non juridique.

Oui, l’homicide commis par Emmanuel Abayisenga provoque la sidération. La colère même, sauf au sein de la communauté du père Olivier qui, selon elle, n’a fait que son devoir de prêtre. Si la loi est fissurée, si la justice et les psychiatres ont trébuché, c’est en effet au pouvoir politique d’agir. Mais de sang-froid, à tête reposée, et sans bafouer l’engagement du père Olivier Maire, en prétendant le célébrer.

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