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À l’ère de #MeToo, l’excuse générationnelle pour expliquer le harcèlement sexuel semble de plus en plus dépassée

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Dans nombre d’affaires récentes, des hommes politiques accusés de harcèlement sexuel ont expliqué leur comportement déplacé par « des changements générationnels ». Une excuse qui passe de moins en moins

Contraint à la démission, le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, 63 ans, est le dernier homme politique en date à mettre en avant des excuses générationnelles ou culturelles pour expliquer son attitude déplacée à l’égard des femmes. Mais à l’ère de #MeToo, cette défense semble de plus en plus dépassée.

« Dans mon esprit, je n’ai jamais dépassé les bornes avec qui que ce soit », a déclaré le gouverneur, accusé de harcèlement sexuel par onze femmes, dont une ancienne assistante, qui a porté plainte et l’accuse de lui avoir touché les fesses et la poitrine. « Mais je ne m’étais pas rendu compte à quel point les limites avaient été redéfinies. Il y a des changements générationnels et culturels que je n’ai pas pleinement compris ».

Andrew Cuomo n’est pas le premier à mettre en avant une forme d’ignorance pour justifier ses actes. Avant lui, l’ancien sénateur Al Franken, qui a démissionné du congrès américain en 2018, avait dit comprendre « avoir dépassé les bornes avec certaines femmes ». Le président américain Joe Biden a lui aussi été accusé de contacts trop rapprochés, que ses partisans attribuent simplement à un style tactile. « J’ai envahi votre espace. Je suis désolé », avait-il reconnu, se défendant toutefois d’avoir fait « quelque chose de mal intentionnellement ».

« À côté du sujet »

Pour Jean Sinzdak, directrice associée du Centre pour les femmes en politique de l’université Rutgers, une telle défense est « un argument fallacieux et passe à côté du sujet. Ce comportement a toujours été inapproprié. Mais maintenant, notre société comprend que c’est inapproprié, que les femmes souffrent de cela depuis trop longtemps, et qu’il n’est plus acceptable qu’elles souffrent ».

De son côté, Audrey Nelson, une experte sur les questions de genre, qualifie de « bouc émissaire » l’excuse générationnelle. « L’espace personnel, c’est l’espace personnel », insiste-t-elle. « Il n’y a rien de générationnel ». En revanche, souligne-t-elle, « si on veut résumer les choses à un seul concept, c’est celui du pouvoir ».

Elle rappelle notamment le cas de l’ancien président Bill Clinton (1993-2001), accusé par plusieurs femmes de harcèlement sexuel, et « connu pour attirer les gens » quand il les saluait. « C’est une prise de pouvoir », un concept qu’elle applique aussi à Andrew Cuomo. « Il s’agit de conquérir ».

« Tremblement de terre »

Jean Sinzdak salue le mouvement #MeToo pour avoir « mis en lumière les questions de harcèlement et d’abus (sexuels) et avoir permis aux femmes d’avoir une plateforme pour partager leurs histoires ». « C’est l’équivalent d’un tremblement de terre dans le monde politique, et nous allons en ressentir les répliques pendant longtemps », prédit-elle.

Dans ce contexte, « l’intention », mise en avant par Andrew Cuomo ou Joe Biden, ne sera plus une excuse suffisante, selon Audrey Nelson. « Soyez attentifs, faites attention », demande-t-elle, en rappelant que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

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