International“En Ontario, les francophones doivent se battre pour faire...

“En Ontario, les francophones doivent se battre pour faire valoir leurs droits”

-

Arrivé au Québec dans les années 1960, le Lyonnais Jean-Paul Uzel a quitté Montréal pour l’Ontario en 1989. Pour Courrier Expat, il évoque sa difficile adaptation dans cette province canadienne majoritairement anglophone.

Courrier Expat : Qu’est-ce qui vous a conduit à quitter le milieu francophone du Québec pour déménager en Ontario ?

Jean-Paul Uzel : Le travail ! Je suis arrivé à Toronto, où j’ai enseigné les sciences et fait un remplacement de direction. Ensuite, j’ai signé un contrat pour diriger une école francophone à Brantford, à 32 kilomètres de Hamilton. Avant d’accepter un poste d’enseignant.

Comment vous êtes-vous débrouillé sur place ?

Ç’a été difficile ! À l’école, les réunions se passaient en anglais, une langue que je ne maîtrisais pas encore. Il faut dire que je vivais par ailleurs dans une bulle francophone.

Selon des données officielles, 4 % seulement de la population ontarienne aurait le français pour langue maternelle et langue officielle, soit un peu plus d’un demi-million de personnes. La plupart des Ontariens francophones vivent dans la région d’Ottawa, mais il y en a quand même près de 5 % dans la région de Hamilton et de la péninsule du Niagara. Quand il est question d’avoir des services en français en Ontario, à Hamilton…

… c’est possible, mais il faut insister !

Pourtant, selon la loi, depuis 1986, on peut obtenir des services en français de la part de tous les services du gouvernement…

Ça n’a pas toujours été ainsi. Au début, pour déclarer mes impôts, les formulaires étaient seulement en anglais et j’ai refusé de m’en servir. J’ai téléphoné au ministère des Affaires francophones, qui est intervenu auprès du ministère des Finances pour qu’ils m’envoient des formulaires en français. En Ontario, si tu ne te bats pas pour faire valoir tes droits, tu perds tes services.

Hamilton est considérée en totalité, comme Toronto d’ailleurs, comment une région désignée pour les francophones qui veulent recevoir ces services. Mais comment ça se passe dans la rue, dans les commerces ?

Si tu entres dans un magasin et si tu dis bonjour, on te répond : “Bonjour !” avec un fort accent anglophone, mais c’est tout. J’ai déjà vu des employés très contents de parler en français, mais il s’agissait de Français immigrés, comme moi.

Mais ce n’est pas la norme ?

Non. Un jour, je suis rentré dans une grande surface pour acheter une chemise. Celle qui m’intéressait était bien visible, devant moi. J’ai demandé doucement et distinctement en français au vendeur si je pouvais voir la chemise de plus près. Il m’a répondu en anglais qu’il ne comprenait pas. J’ai demandé à voir son gérant, qui a finalement trouvé quelqu’un qui parlait le français. Il faut faire trembler les colonnes du temple pour avoir des réactions, pour faire des gains.

En Ontario, beaucoup de panneaux de la circulation sont bilingues. La province compte douze conseils scolaires de langue française. Selon le gouvernement provincial, 1,5 million d’Ontariens parlent le français. Les choses semblent évoluer un peu pour les francophones ontariens…

Les gens ont voyagé et réalisé que le français existait ailleurs dans le monde, notamment en Europe. Le poids démographique des francophones et le fait que plus de gens s’intéressent au français y sont pour beaucoup.

Martin Gauthier

Source

Lancé en avril 2016 et destiné aux expatriés français et aux candidats à l’expatriation, Courrier Expat offre des informations puisées dans la presse internationale sur l’environnement professionnel et personnel des Français de l’étranger, sur le

[…]

Lire la suite

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Dernières nouvelles

La “nonchalance caractéristique” des Français face à la cinquième vague de Covid

Face à la nouvelle flambée épidémique qui se profile, l’attitude de la France – tant celle du gouvernement que...

Toujours pas d’offensive armée, mais une cyberattaque

Dans la soirée du 15 février, plusieurs sites gouvernementaux ukrainiens ont été attaqués par des pirates informatiques. Les autorités de...

Au Kenya, la fête reprend, gare à vos verres !

Alors que le couvre-feu a été levé, le quotidien kényan Daily Nation s’inquiète de la recrudescence des affaires de “spiking”,...

Tout le monde ne rêve pas de revenir à la “normale”, loin de là

La sortie de la crise sanitaire sonnera la fin de la récréation : après le moment suspendu que nous avons...

quels documents, quid des papiers d’identité, qui contrôle et où ?

Comme l’a signifié le Conseil constitutionnel jeudi 5 août, le pass sanitaire sera donc obligatoire dès lundi dans les...

Vous pourriez aussi aimerconnexes
Recommandé pour vous