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L’athlète biélorusse Krystsina Tsimanouskaya : “Ma grand-mère m’a dit : ‘Ne reviens pas’”

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Lors des Jeux olympiques, le 1er août, la sprinteuse biélorusse avait été emmenée de force à l’aéroport de Tokyo pour embarquer à bord d’un avion à destination de la Biélorussie, après avoir critiqué les entraîneurs de son pays. Désormais installée en Pologne, l’athlète revient sur cette journée dans cet entretien accordé à l’hebdomadaire allemand Die Zeit.

L’affaire avait fait grand bruit lors des Jeux Olympiques de Tokyo qui se sont terminés le 8 août dernier. Dimanche 1er août, à l’aéroport de Haneda de Tokyo, l’athlète biélorusse Krystsina Tsimanouskaya refusait d’embarquer dans l’avion qui devait la ramener de force à Minsk. Un retour qui lui avait été imposé par l’entraîneur en chef de l’équipe de Biélorussie en raison des critiques envers les entraîneurs que la femme de 24 ans avait publiés sur son compte Instagram.

Dans une interview donnée à l’hebdomadaire Die Zeit, elle revient sur son arrivée à l’aéroport et l’appel décisif de sa grand-mère. “Je m’étais déjà faite à l’idée de rentrer [en Biélorussie], pour recevoir une amende ou encore être renvoyée de l’équipe nationale. Mais ma grand-mère m’a dit [au téléphone] : ‘Ne reviens sous aucun prétexte. Ici le pire t’attend : quinze jours de prison ou un internement en hôpital psychiatrique.’”

“Je connais la Pologne, j’aime ce pays”

Elle décide alors de contacter la Fondation pour la solidarité sportive biélorusse (BSSF), un groupe qui soutient les athlètes emprisonnés ou mis à l’écart pour leurs opinions politiques. “Ils [les membres du groupe] voulaient envoyer un groupe composé de membres de la diaspora biélorusse à l’aéroport pour m’aider, mais c’était déjà trop tard. Alors ils m’ont conseillé de contacter la police. À l’aéroport, un policier était placé près du comptoir d’enregistrement. Au lieu de m’enregistrer, je suis allée le voir”, se rappelle la Biélorusse.

Grâce à une application de traduction, elle peut alors expliquer sa situation à l’agent qui la prend alors en charge. C’est ainsi qu’elle a pu être conduite à l’ambassade de Pologne.

Elle explique son choix : “C’est un choix que nous avons fait mon mari, mes parents et moi. La Pologne est proche de la Biélorussie, mes parents peuvent ainsi nous rendre visite. Je connais la Pologne, j’aime ce pays. De plus, le polonais est proche du biélorusse. Après m’avoir proposé différentes alternatives, la Pologne m’a finalement offert un visa humanitaire.”

La peur de s’exprimer librement

L’exil en Pologne de Krystsina Tsimanouskaya a eu lieu presque un an jour pour jour après l’élection présidentielle biélorusse qui a été gagnée par le président sortant, Alexandre Loukachenko. Une victoire jugée frauduleuse par de très nombreux Biélorusses qui ont bravé la répression pour manifester leur mécontentement.

La sportive refuse de parler de politique. Mais, après la réélection d’Alexandre Loukachenko, elle avoue avoir eu peur de dire ce qu’elle pensait : “Après le 9 août, c’était une période très difficile pour moi. J’ai dû faire une pause deux semaines. À l’époque, j’ai eu une sorte de dépression, j’ai donc essayé de ne pas trop me noyer dans l’actualité. Mais j’ai bien vu que des personnes qui participaient juste à une manifestation ont été licenciées, qu’elles ont été  battues, qu’elles ont été jetées en prison. J’avais peur de ce qui pourrait m’arriver si j’écrivais ou faisais quelque chose de mal. Toute cette année, j’ai essayé de reformuler [tout ce que je disais ou écrivais] pour que rien de politique ne transparaisse”, explique-t-elle à l’hebdomadaire allemand.

Après son exil, des athlètes qui souffrent eux aussi de leur situation en Biélorussie l’ont contactée. Pour les aider, elle a mis une de ses médailles aux enchères sur Ebay. Elle a décidé de reverser le fruit de cette vente à la Fondation biélorusse pour la solidarité dans le sport (BSSF). Alors qu’elle avait atteint les 21 000 dollars, le site a suspendu la vente. “Nous devons réessayer. J’espère que cette fois-ci, ça fonctionnera.”

Courrier international

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C’est la publication allemande de référence, une autorité outre-Rhin. Ce (très) grand journal d’information et d’analyse politique, pointu et exigeant, se distingue aussi par sa maquette et son iconographie très recherchées. Tolérant et libéral, il

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