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Pour les Syriennes, les produits de beauté sont devenus un luxe

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En raison de l’inflation galopante due à la crise économique, les produits cosmétiques, sans parler des salons de beauté et de coiffure, sont devenus inaccessibles pour les femmes en Syrie, explique Enab Baladi. Elles sont contraintes de s’adapter.

En Syrie, de nombreuses femmes “renoncent” aux produits de beauté, considérés comme un “luxe” devenu inaccessible en raison de la crise économique qui frappe le pays, pour répondre aux “besoins essentiels”, explique le site syrien d’opposition Enab Baladi.

Aya, 27 ans, est professeure de mathématiques à Damas. Son salaire “suffit à peine à couvrir les dépenses de sa famille”.

J’ai renoncé à de nombreux achats. Mes revenus ne me permettent plus de couvrir les frais liés à ma féminité. Je dois travailler pour assumer les dépenses familiales. J’ai écarté toutes les dépenses que la situation actuelle rend secondaires.”

Parmi ces dépenses secondaires, “les crèmes de soin pour la peau et les cheveux”.

Il en est de même pour Loujaïn, employée de la fonction publique à Homs : la situation économique l’a “contrainte de s’éloigner de la mode”, plus précisément “de la coiffure, des vêtements et des produits de beauté”.

Aloe vera

En ruines après dix ans de guerre, la Syrie connaît une crise économique sans précédent, marquée par des pénuries de carburant et d’électricité, une dégringolade de la livre syrienne et une flambée des prix qui ont entraîné une paupérisation à grande échelle de la population.

Certains commerçants cherchent à profiter de cette situation. Enab Baladi cite un article du journal syrien Al-Watan qui explique que les prix pratiqués dans les salons de coiffure de la ville de Lattaquié, au cœur du bastion alaouite du régime, peuvent varier du simple au décuple.

Alors, il faut trouver des solutions. Ainsi, Loujaïn “cultive des plants d’aloe vera” comme substitut aux produits de beauté dont les prix “obscènes” atteignent des “montants inimaginables”.

Certaines femmes continuent à fréquenter les salons de beauté, mais soit elles sont “les épouses de hauts responsables et ne sont donc pas touchées par la situation du pays”, soit ce sont des personnes “qui reçoivent de l’argent depuis l’étranger”.

Aya, elle, “cherche une école privée ou des cours particuliers” pour [travailler plus et] couvrir [ainsi] ses besoins personnels, voire “consulter un gynécologue”.

Source

Journal et site créés en 2012 dans la ville de Daraya tenue par les rebelles (près de Damas) quelques mois après le début de la révolte contre le régime Assad. Le titre, “Le Raisin de mon pays”, est un  hommage à la production viticole de la région

[…]

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