Politique« deux avions militaires et nos forces spéciales vers Kaboul »,...

« deux avions militaires et nos forces spéciales vers Kaboul », annonce Emmanuel Macron

-

Par Sudouest.fr avec AFP
Publié le 16/08/2021 à 17h53
Mis à jour le 16/08/2021 à 20h44

Le Chef de l’État s’est exprimé depuis l’Élysée ce lundi à 20 heures sur la situation en Afghanistan. Il a expliqué « qu’un tournant historique » était à l’œuvre en Afghanistan, avec « des conséquences majeures pour la France

Alors que la France a déjà évacué 600 de ses derniers ressortissants d’Afghanistan, passé sous contrôle des talibans, le président Emmanuel Macron s’est exprimé ce lundi soir pour détailler sa stratégie face à cette crise qui inquiète fortement la communauté internationale.

Lors de cette allocution tournée depuis le fort de Brégançon, résidence estivale des présidents de la République située à Bormes-les-Mimosas (Var), le chef des Armées a défendu l’intervention française en Afghanistan (2001-2014), qu’il a qualifiée de « juste ».

« En Afghanistan, notre combat était juste et c’est l’honneur de la France à s’y être engagé », a-t-il appuyé, en soulignant que « la France n’y a jamais eu qu’un ennemi : le terrorisme ».

« Nos interventions militaires n’ont pas vocation à se substituer à la souveraineté des peuples ni à imposer la démocratie de l’extérieur mais à défendre la stabilité internationale et notre sécurité », a ajouté Emmanuel Macron, en faisant valoir que « partout, la mise en place de processus politiques crédibles est la priorité ».

« Nous n’oublierons pas nos soldats »

« C’est ce principe fondamental de notre politique étrangère que nous avons appliqué en Afghanistan et que nous continuerons à mettre en œuvre », a-t-il encore martelé, tenant à s’adresser « d’abord à ceux qui ont combattu, aux familles de ceux qui sont morts ou ont été grièvement blessés ».

« Nous n’oublierons pas nos soldats », a-t-il insisté.

Intervenant aux côtés des Américains, la France a été présente militairement en Afghanistan de 2001 à 2014 et a compté jusqu’à près de 4 000 soldats dans ce pays au plus fort de l’engagement de l’Otan, au prix de 89 morts et 700 blessés.

Deux avions militaires

Face à la panique qui a saisi la capitale et tout le pays depuis l’entrée des talibans dans ses murs, il a confirmé que « deux avions militaires et nos forces spéciales » arriveront « dans les prochaines heures » à l’aéroport de Kaboul pour prendre en charge ces personnes et les ressortissants français encore présents dans la capitale afghane et qui « doivent tous quitter le pays ».

Ils doivent ensuite transiter par la base aérienne française d’Al Dhafra, à Abu Dhabi (Émirats arabes unis).

Selon Emmanuel Macron, « la France est l’un des très rares pays à avoir décidé de maintenir sur place jusqu’au bout les moyens de protéger ceux qui ont travaillé pour elle ». « Tous les employés afghans des structures françaises qui pouvaient être menacés ainsi que leur famille, ce qui représente plus de 600 personnes, ont ainsi pu être accueillis ».

« C’est notre devoir et notre dignité de protéger ceux qui nous aident : interprètes, chauffeurs, cuisiniers et tant d’autres. Près de 800 personnes sont d’ores et déjà sur le sol Français. Plusieurs dizaines de personnes sont encore sur place […] pour lesquelles nous restons pleinement mobilisés », a déclaré le chef de l’État.

Il a précisé que la France protégeait aussi « en ce moment le délégué de l’Union européenne » et apportait « protection aux collaborateurs afghans de la représentation européenne ».

La menace terroriste

L’Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu’il a été », a exhorté lundi Emmanuel Macron, en affirmant que l’action de la France « visera d’abord à continuer de lutter activement contre le terrorisme islamiste sous toutes ces formes », lors de son allocution télévisée.

« Des groupes terroristes sont présents en Afghanistan et chercheront à tirer profit de la déstabilisation », a mis en garde le président français, en appelant à « une réponse (internationale) responsable et unie », et « une action politique et diplomatique ». « C’est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les États-Unis et l’Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes », a-t-il ajouté.

Des liens anciens avec l’Afghanistan

Emmanuel Macron a également déclaré lundi que le « devoir et la dignité » de la France était de « protéger » les Afghans qui l’ont aidée et qui sont menacés par l’arrivée des talibans au pouvoir.

La France s’inquiète pour la situation des femmes, a-t-il ajouté : « les femmes afghanes ont le droit de vivre dans la liberté et la dignité ».

« Le destin de l’Afghanistan est entre ses mains mais nous resterons, fraternellement aux côtés des Afghanes […] En disant très clairement à ceux qui optent pour la guerre, l’obscurantisme et la violence aveugle qu’ils font le choix de l’isolement et d’une misère sans fin », a prévenu le chef de l’État.

Flux migratoires

Il a dit également vouloir porter une initiative européenne visant à « anticiper » et « protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » qui « nourrissent les trafics de toute nature ».

« Nous porterons donc, en lien avec la République fédérale d’Allemagne et d’autres Européens, une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie », a poursuivi le président français, en appelant à « la solidarité dans l’effort, l’harmonisation des critères de protection et la mise en place de coopérations avec les pays de transit ».

« Extrême préoccupation » de Paris

Depuis le fort de Brégançon, à Bormes-les-Mimosas (Var), où il est en vacances, le chef de l’État avait fait le point de la situation à la mi-journée au cours d’un Conseil de défense en visioconférence avec les principaux responsables concernés, comme les ministres des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et des Armées Florence Parly. Rien n’a filtré de cette réunion.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Dernières nouvelles

les tests de dépistage ont coûté plus de 5 milliards d’euros à l’Assurance-maladie

Les tests antigéniques et PCR, gratuits jusqu’en octobre prochain, ont coûté la coquette somme de 5 milliards d’euros à l’Assurance-maladie ...

Vous pourriez aussi aimerconnexes
Recommandé pour vous