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En Tunisie, le pouvoir suspecté d’entrave à la liberté de circulation

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Depuis son coup de force constitutionnel le 25 juillet, le président tunisien Kaïs Saïed est devenu détenteur de l’ensemble des pouvoirs dans le pays. Alors que plusieurs cadres politiques ont été interdits de voyages, parfois sans explications, la presse craint des abus en cascade.

Le 25 juillet, le président tunisien Kaïs Saïed a décrété l’état d’exception et décidé de geler les activités du Parlement, devenant ainsi l’homme fort de la Tunisie, avec la promesse de s’attaquer à la corruption politique qui ronge le pays depuis dix ans. Parmi les mesures prises au lendemain de son coup de force, la décision d’interdire toute sortie du territoire pour les personnes soupçonnées dans diverses affaires. Mais pour le site d’informations libéral Business News, les interdictions de voyager ouvre la porte aux abus.

À l’aéroport Tunis-Carthage, “il suffit d’avoir la mention ‘directeur général’, ‘directeur’ ou même ‘chef de projet’ dans la case réservée à la fonction dans les papiers officiels pour être mis de côté, le temps que les vérifications nécessaires soient faites. Par la suite, cela dépend de la chance de chacun : ou bien les agents autorisent le passager à poursuivre son voyage ou ils lui spécifient qu’il a interdiction de voyager et qu’il doit rentrer chez lui”, écrit Business News, qui précise qu’aucune information supplémentaire n’est donnée à la personne concernée.

Sanctionner la corruption

Ces décisions concernent aussi bien des hauts fonctionnaires que des hommes d’affaires et des députés, souligne le site d’information. Sur le plan procédural, c’est le ministère de l’Intérieur qui peut émettre des décisions de ce type. Mais pour l’éditorialiste de Business News Marouen Achouri, “il est très peu probable, voire impossible, qu’une mesure d’une telle envergure n’ait pas été décidée conjointement avec le palais de Carthage”.

Lundi 16 août, à l’occasion d’une visite inopinée effectuée à l’aéroport, le président tunisien est revenu sur cette polémique en expliquant que ces mesures étaient “provisoires” et qu’il n’avait nullement l’intention de “priver les Tunisiennes et les Tunisiens de leur droit de circulation”, rapporte l’Économiste Maghrébin. “Ces mesures sont destinées aux personnes soupçonnées de corruption, de terrorisme et d’évasion fiscale”, a déclaré le Président tunisien.

Malik Ben Salem

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