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Frédéric Perez, directeur de la chambre des métiers du Lot-et-Garonne : « Ce qu’il nous manque, ce sont des jeunes apprentis »

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Frédéric Perez est directeur de la chambre des métiers de l’artisanat du Lot-et-Garonne. Comme chaque année, il déplore le manque de jeunes en contrats d’apprentissage dans les métiers de l’artisanat.

Quelle est la situation de l’apprentissage en Lot-et-Garonne ?

Dans les métiers de l’artisanat, nous manquons de jeunes, quels que soient les métiers. Il y a 5 ans, nous avions plus de jeunes que d’entreprises. Et depuis, il y a eu un inversement et l’écart se creuse années après années. Nous sommes à 540 apprentis avec un contrat signé, ce qui est normal. Mais il nous reste encore plus de 350 offres non pourvues au 20 août.

Quels secteurs sont concernés ?

La coiffure et l’automobile sont les secteurs qui fonctionnent le mieux. Les métiers de l’alimentation (boucher, boulanger, pâtissier, charcutier…) ont une rentrée correcte, proche des standards avant Covid. Par contre, on manque de jeunes en hôtellerie-restauration. Beaucoup d’offres sont non pourvues aussi bien en cuisine qu’en service. Enfin, les trois métiers les plus en difficulté sont chaudronnerie soudage, carrosserie peinture.

De combien d’apprentis avez-vous besoin ?

Nous espérons encore la venue de 300 jeunes. Il y en a qui sont en route, certains sont encore en stage. Si les jeunes viennent nous voir aujourd’hui, on aura de quoi leur proposer sur l’ensemble du département sur les 16 métiers que l’on dispense. Il nous reste des offres quel que soit le métier et quel que soit le niveau : en certificat d’aptitude professionnelle (CAP), en mention complémentaire ou en brevet professionnel (BP).

Suite à la pandémie, l’Etat a débloqué des aides pour inciter les entreprises à embaucher en apprentissage. Les entreprises lot-et-garonnaises en ont-elles profité ?

L’aide s’élève à 5000€ pour un apprenti de moins de 18 ans et de 8000€ pour un jeune apprenti de plus de 18 ans. Cette action a permis de conserver, a minima, le même nombre d’entreprises que les autres années, voire plus.

Comment expliquer le manque d’apprentis ?

La densité des jeunes en Lot-et-Garonne est à la baisse. Pour l’instant ils ne réalisent pas à quel point les métiers de l’artisanat sont des métiers d’avenir pour eux. Certains sont devenus chefs étoilés dans le département, par exemple. Mais ces métiers ont une image de contraintes. Certes, en hôtel restauration, il faut travailler le week-end et les soirées mais c’est une passion. Dans le domaine de l’automobile par exemple, il y a beaucoup moins de contraintes qu’il y a 30 ans. C’est une image qui est encore en train d’évoluer. Dans l’ensemble, nous voyons beaucoup de personnes très motivées mais tout dépend du rapport du jeune au travail.

Quels sont les avantages pour les entreprises d’embaucher un apprenti ?

Les artisans sont souvent des passionnés et ils aiment former les jeunes à leur passion. Derrière, il y a plein de possibilités comme devenir salarié de l’entreprise. Le taux d’insertion professionnelle après un contrat d’apprentissage est de 70%. Pour d’autres, dans le meilleur des cas, l’apprentissage peut permettre de devenir chef d’entreprise artisanale en reprenant la société dans laquelle ils ont été formés. 25% des artisans Lot-et-garonnais ont plus de 55 ans, ce qui veut dire que dans les dix prochaines années, il va falloir renouveler.

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