Politiqueles enseignants redoutent une reprise « compliquée » et « perturbée »

les enseignants redoutent une reprise « compliquée » et « perturbée »

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À quelques jours de la rentrée scolaire, enseignants et syndicats appréhendent une reprise compliquée à gérer, entre protocole sanitaire et circulation du virus

« Il faudra faire preuve d’esprit d’adaptation » : les enseignants s’attendent à des conditions de travail complexes et leurs syndicats s’interrogent sur l’efficacité du protocole sanitaire face au variant Delta, à l’aube d’une nouvelle rentrée sous le signe du Covid. « On a eu deux années d’enseignement dégradées et on s’embarque peut-être vers une troisième », anticipe Emmanuel Mathiot, professeur d’histoire-géo dans un lycée à Strasbourg, à l’approche du retour des élèves en classe le 2 septembre.

Le système « hybride » avec cours en présentiel pour une partie de la classe et à distance pour l’autre a notamment été « compliqué à gérer », ajoute l’enseignant. Ce dispositif pourra faire son retour dans les collèges et lycées si la situation sanitaire se dégrade. Pour l’heure, le gouvernement a retenu pour cette rentrée un protocole prévoyant des cours en présentiel et le port du masque en intérieur pour tous.

« J’ai préparé mes séquences tout en me disant qu’il faudra certainement m’adapter aux circonstances, on voit bien que le nouveau variant fait beaucoup de victimes et touche les jeunes », observe Françoise Cahen, professeure de français dans un lycée d’Alfortville (Val-de-Marne). « Il faudra faire preuve d’esprit d’adaptation, mais c’est quelque chose qu’on sait mieux faire après ces deux années ».

Dans les collèges et lycées, seuls les cas contacts non vaccinés devront s’isoler lorsqu’un cas de Covid sera détecté, tandis que dans les écoles primaires, toute la classe devra fermer. Sylvain Caberty, professeur de sciences de la vie et de la Terre (SVT) dans un collège à Tours, est « impatient » de retrouver ses élèves pour mener de nouveaux projets, bien qu’il s’attende à des « difficultés organisationnelles ».

« On ne pourra pas à la fois faire cours pour les présents et une visio pour les élèves isolés, la mise à l’écart de certains risque d’être catastrophique, on va encore perdre les élèves en difficultés », déplore ce membre de l’Association des professeurs de biologie et géologie (APBG). Autour de 55 % des 12-17 ans en France ont déjà reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 depuis cet été.

Le sanitaire d’abord

« On s’attend à une rentrée compliquée, perturbée, on sent bien que le sanitaire va l’emporter sur le reste dans un premier temps », relève Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Berlioz à Vincennes et secrétaire général du principal syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN). « On espère pouvoir évacuer cette question rapidement pour se consacrer aux projets pédagogiques », ajoute-t-il.

Nouveauté en cette rentrée : collèges et lycées vont contribuer à la campagne de vaccination, ouverte aux plus de 12 ans. Le gouvernement prévoit d’envoyer des « équipes mobiles » dans certains établissements et d’acheminer des groupes d’élèves volontaires vers les centres de vaccination.

« Organiser le transport, nous savons le faire, nous le faisons pour les sorties scolaires », commente Patrice Pertin, proviseur de la cité scolaire Delambre-Montaigne d’Amiens. « Cela va perturber les cours, c’est sûr, mais il faut en passer par là pour être plus tranquille après ».

Inquiétudes en primaires

Pour les écoles maternelles et primaires, qui accueillent des enfants de moins de 12 ans, l’inquiétude reste toutefois très forte. « Il faut reprendre avec des règles strictes », estime Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire. Elle déplore que le protocole retenu pour la rentrée soit « plus léger » que celui de juin, « alors que le taux d’incidence est plus élevé chez les élèves à cause du variant Delta ».

Une trentaine de médecins, chercheurs et enseignants ont plaidé récemment dans une tribune pour une « action ferme » pour la rentrée dans les écoles, en demandant notamment une politique de tests « plus fréquents, plus effectifs pour dépister très tôt les cas ».

L’école est « la situation la plus complexe qui nous attend pour l’automne », a aussi averti lundi l’épidémiologiste Arnaud Fontanet. Face au variant Delta, plus contagieux, « on ne peut pas appliquer les mêmes recettes que celles qu’on a utilisées jusqu’à présent ».

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