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Diva au cœur d’argile, Sarah McCoy a touché le public

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Diva du blues et de la soul d’envergure européenne, Sarah McCoy a donné jeudi soir à Agen un concert magistral devant l’écrin majestueux de la cathédrale face à 500 personnes.

Jeudi soir à 21 heures, Sarah McCoy a fait son entrée en scène pour son concert donné dans le cadre de la programmation des « Chaises Musicales ». Une apparition divine sur fond sublime de Cathédrale illuminée et un temps suspendu dans les rangs du public, lorsque cette diva s’est installée au piano à queue. Une virtuose de l’instrument, son indéfectible compagnon de route, enseigné par une femme d’Église pour cette Américaine native de l’État de New York, enfant d’une famille nombreuse et marquée par la perte de son père.

Sarah en impose. Il y a tout d’abord sa voix qui touche en plein cœur, mais également un équilibre parfait entre la beauté mélodique de son piano et ses arrangements intimistes sensuels. Elle trouve un accord subtil entre sa façon de l’attaquer, sa technique redoutable et son sens de l’interprétation sensible. Sarah McCoy est auteure-compositeure interprète talentueuse qui puise dans ses blessures et ses joies, son inspiration.

Diva au cœur d’argile, Sarah McCoy a touché le public
LOT ET GARONNE – GERARD GOUYOU

Mais c’est surtout sa puissance vocale qui frappe les esprits, qui n’est pas sans rappeler celle de Bessie Smith, Janis Joplin, Aretha Franklin ou encore Nina Simone, avec un soupçon d’Amy Winehouse. Sa présence scénique est juste incroyable, bouleversante par endroits, exubérante à souhait par son langage corporel et son look mi-punk, mi-Ziggy Stardust, mi-pierrot lunaire avec des larmes pailletées qui coulent sur sa joue.

Une première ballade mélancolique composée en français plante le décor. En toile de fond, les ruptures, le désamour : « Ça me rend nerveuse de chanter en français, mais cela me fait vraiment plaisir de jouer pour vous », explique celle qui vit en France depuis sa rencontre providentielle avec Chilly Gonzales qui l’a poussée à signer chez Blue Note. « Take it all », extrait de son répertoire, vient dire en creux tout le désarroi face à un amour voué au naufrage. Sarah fait la démonstration de son capital vocal.

Entre jazz et blues, elle est « the voice » !

Le concert monte crescendo. Vulnérable au début, Sarah McCoy au grain de voix grave, évoque un joli rêve au travers de « Boogie man » qui s’achève sur des accords rappelant Rachmaninov. Le témoignage de ses années passées à la Nouvelle Orléans à écumer les pianos-bars.

Confidences intimes

Les rencontres lumineuses, salvatrices, les galères ont forgé son chemin de vie, sa destinée. Entre deux chansons et une gorgée de vin, Sarah se laisse aller à des confidences : « Je suis toujours perdue, sous la pression d’être productive, mais la meilleure mélodie a pris 20 ans ».

Elle enchaîne par « Beautiful stranger » aux faux airs d’Astor Piazzola, puis par « Pistolet », une chanson implicitement sexuelle, sur laquelle la chanteuse après avoir dénoué ses cheveux, se lâche dans un corps à corps avec son piano et un jeu de jambes en collants résille. Avec « Mamma », elle confie avoir écrit à sa mère, jeune, alors qu’elle était SDF. Sarah a bourlingué : « J’ai eu la révélation. Beaucoup de questions à lui poser, pour lui demander si j’étais née comme ça cassée… C’était flippant, je voulais savoir si j’allais guérir ou rester ainsi. Les réponses, c’est la vie qui allait me les apporter, pas ma mère ». Un titre en forme de prière poignant qui s’est achevé par une apothéose au piano et l’intensité de sa voix. « J’ai pas écrit de la musique très heureuse dans ma vie, ça ne veut pas dire que je ne suis pas une femme heureuse », s’excuse la diva que l’on devine écorchée vive, remplie de fêlures et qui livre « Fearless » telle une conjuration.

Voix suave et jeu théâtral scénique. Photos G. Gouyou.

À 22 heures, elle s’éclipse, le public la rappelle. Elle remonte sur scène, confie se sentir bizarre de se reconnecter à la scène après un an et demi d’arrêt. Elle achève le concert par une chanson plus joyeuse sur des envolées de piano. Sarah a mêlé blues, soul, swing et coloration jazzy, mais elle a ouvert surtout son cœur aux spectateurs tombés sous son charme.

Programme de ce samedi

> Place Esquirol

21 heures Ours (fils d’Alain Souchon) et Bodie.

> Place Foch

21 heures Les Amazones d’Afrique.

> Déambulation dans les rues d’Agen : « Imperial Kikiristan Jumlag », « Fanfare Rijsel », « Compagnie du Tire-Laine », « Roller Brass band. »

Les concerts sont gratuits, le public est attendu nombreux avec masque et pass sanitaire.

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