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Béatrice Uria-Monzon ouvre la saison lyrique du Capitole de Toulouse avec « la Gioconda »

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La cantatrice agenaise Béatrice Uria-Monzon achève les répétitions de « la Gioconda » qui ouvrira le 24 septembre la saison lyrique du Capitole de Toulouse. Une œuvre présentée pour la première fois à Toulouse, et qui avait suscité la controverse en 2019 à Bruxelles.

Béatrice Uria-Monzon répète actuellement au Capitole de Toulouse, et sera à partir du 24 septembre « la Gioconda », sur une mise en scène d’Olivier Py. Un rôle difficile, dans une œuvre complexe et méconnue, nécessitant de longues séances de travail. Juste avant de reprendre une répétition, elle répond à nos questions.

Vous faites, vous aussi, votre rentrée avec cet opéra « la Gioconda » qui lance la saison lyrique 2021-2022 du Capitole. Est-ce un moment particulièrement exigeant ?

« Vous voulez dire… stressant ? Non, parce qu’il faut toujours rester concentré, quel que le soit le moment où l’on donne un opéra. Donc le fait qu’il s’agisse d’une rentrée lyrique ne change rien, car ce que l’on demande plus que tout à l’artiste c’est d’être en forme vocalement, et de faire preuve d’endurance car la préparation d’un opéra nécessite du temps. »

Un opéra donné pour la première fois au Capitole de Toulouse.
photo théâtre du Capitole.

Que dire de cette « Gioconda » d’Amilcare Ponchielli, dont vous portez le rôle-titre ?

« Que c’est une œuvre méconnue, complexe, difficile à monter. D’abord parce qu’elle requiert six voix pour les personnages principaux, à savoir soprano, mezzo-soprano, contralto, ténor, baryton, basse. Par ailleurs le climat est lourd, dramatique. C’est une œuvre magnifique mais exigeante à tous les égards. Et les voix sont extrêmement sollicitées. »

Comment vous êtes-vous préparée ?

« Il s’agit d’une coproduction avec l’opéra de Bruxelles, où nous avons présenté « la Gioconda » en 2019. Du temps a passé, et je m’y suis remise en juin dernier. Je n’aime pas travailler dans l’urgence. Il faut se remettre dans la voix, il faut également que le corps retrouve ses expressions, dont j’ai travaillé dessus tout l’été, et nous avons commencé les répétitions le 24 août. Avec toujours la même interrogation : on chante, ou on ne chante pas ? Je le repère « la Gioconda » est une œuvre très exigeante, et il faut se discipliner, ne pas trop chanter parfois, car les séances de répétition sont intenses. C’est un vrai marathon. »

La mise en scène, les décors aussi, avait créé la polémique en 2019. Certains condamnaient un surplus de noirceur…

« La mise en scène est d’Olivier Py, et l’on évolue en effet dans le noir. C’est volontairement lourd et obscur. Mais c’est aussi ce qui fait la puissance de l’œuvre d’Amilcare Ponchelli. Cette atmosphère reflète la violence de l’époque vénitienne. Gioconda est tournée vers un amour divin, inconditionnel. c’est l’amour pour l’amour, et c’est forcément dramatique. Certains critiques se sont offusqués, jugeant la mise en scène trop violente, ou parce qu’à un moment on voit un corps nu. Mais cela ne me choque pas, car l’œuvre est respectée. Les mises en scènes audacieuses ne me posent aucun problème. Il n’y aura d’ailleurs aucun ajustement par rapport à la mise scène proposée à Bruxelles en 2019. »

La cantatrice agenaise Béatrice Uria-Monzon.
photo DR

Comment se place actuellement votre voix ?

« J’ai coutume de nous comparer aux sportifs. On peut être le plus grand joueur, et pourtant rater son match ! Donc il faut travailler, travailler,et surtout préparer sa voix.  Et s’économiser. Aujourd’hui par exemple [mercredi 15 septembre] je ne vais faire que quelques sons. Et quand nous chantons véritablement, je chauffe ma voix une demi-heure avant de me lancer. Et grâce à cela, ma voix sera prête ! »

Après les cinq représentations de « la Gioconda », quels sont vos autres projets ?

« Je vais participer à quelques concerts, et l’on pourra aussi m’écouter en janvier 2022 à Marseille, dans « la Walkyrie » de Richard Wagner, où j’interprète la déesse Fricka, épouse de Wotan. J’ai commencé à travailler sur cette œuvre en avril, notamment avec un professeur d’allemand. Comme vous le savez « Carmen » au Stade de France [NDLR : avec Roberto Alagna] a été reporté en juin 2022, et ensuite viendra « Rusalka » [opéra d’Anton Dvorak] qui ouvrira la saison lyrique 2022-2023 du Capitole de Toulouse. »

« La Gioconda » d’Amilcare Ponchielli

La Gioconda est un opéra en quatre actes d’Almicare Ponchielli (1876). Il sera donné pour la première fois au Capitole de Toulouse, le 24 septembre, puis les 26, 28 septembre, 1er et 3 octobre.

L’action se déroule à Venise au XVIIe siècle. Elle est ainsi présentée par la programmation :  » La Gioconda est non seulement un grand opéra spectaculaire, mais surtout un mélodrame qui nous emporte dans une tempête d’émotions. Dans la Venise du XVIIe siècle, intrigues politiques, abus de pouvoir et vengeances cruelles sont le quotidien de la rue comme du Palais des Doges. La Gioconda, chanteuse ambulante au cœur pur, va tout sacrifier par amour, pour sauver à la fois sa mère aveugle et son amant, qui en aime une autre. Ponchielli, digne héritier de Verdi et préfigurant Puccini, réclame des interprètes hors-norme au service d’un spectacle total. »

Et c’est donc un rôle total qui est confié à Béatrice Uria-Monzon. En cela, elle succède à d’autres grandes interprètes, comme Maria Callas ou Montserrat Caballé.

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