ActualitéPour l’opposition, la fusion "n’est pas un projet politique"

Pour l’opposition, la fusion « n’est pas un projet politique »

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Lundi soir, l’opposition de gauche s’est abstenue de voter sur la fusion Agglo / Paps, car selon elle « ces deux collectivités fonctionnaient parfaitement l’une à côté de l’autre ».

Dans notre édition de mardi, nous rendions compte du conseil municipal d’Agen de la veille au soir, soulignant que l’opposition de gauche n’avait donné aucune explication quant à son abstention sur le projet de fusion Agglo d’Agen / communauté de communes Portes d’Aquitaine en pays de Serres (Paps). Pour rappel, ces deux collectivités ont voté pour ce rapprochement, désormais soumis à l’approbation des 44 communes les constituant. C’était lundi soir au tour du conseil d’Agen de s’exprimer. Si l’issue du vote ne laissait aucun doute, quelle serait la position de l’opposition de gauche ? Elle s’est abstenue, ne votant donc ni pour ni contre la fusion, omettant d’expliquer ce choix.

Pourquoi s’abstenir sur ce vote important ? En voici la raison. « Dans vos colonnes, nous découvrons que nous n’avons, semble-t-il, pas été assez clairs sur les raisons de notre vote. Nos arguments ont pourtant déjà été présentés en conseil d’agglomération, puis à nouveau lors de ce conseil. Mais puisque la pédagogie est décidément l’art de la répétition, les voici à nouveau. »

« Grossir pour grossir »

« La fusion entre les deux collectivités n’était pas prévue dans le programme de campagne des municipales. C’est vrai pour la ville d’Agen comme pour toutes les autres communes concernées par ce projet de fusion. Elle se fait donc en dehors de toute concertation avec les citoyens. Il y a déjà trop à dire sur les méthodes de gouvernance. L’agglomération souffre d’un déficit de démocratie directe. Les citoyens ne sont pas associés aux projets pourtant très importants que cet EPCI [établissement public de coopération intercommunale] porte. Avec cette fusion, on s’éloigne encore plus des citoyens et c’est ce dont souffre la politique. C’est ce qu’a rappelé Naïma Lasmak en conseil municipal, en insistant sur la place fragile des communes rurales.

Il est par ailleurs à noter que le conseil municipal de chaque commune doit se prononcer, et que peu l’ont pour l’instant fait (ils ont jusqu’au 13 décembre pour le faire). En l’absence de l’opinion formelle de chaque commune de Paps, nous estimons qu’il n’est pas de notre ressort de décider pour elles. »

Contrairement à Jean Dionis, qui veut rassembler « la famille agenaise », l’opposition municipale pointe l’incohérence politique : « Ces deux collectivités fonctionnaient parfaitement l’une à côté de l’autre. C’est d’ailleurs pour cela que la fusion n’est pas validée à l’unanimité : Maryse Combres a rappelé lundi qu’en conseil communautaire de Paps, un tiers des conseillers s’est opposé à ce projet, de même à l’Agglomération d’Agen. On a donc le sentiment que l’idée principale est de grossir pour grossir. Cela ne peut être un projet politique. Voilà pourquoi nous nous sommes abstenus. »

Enfin, dernière salve : « Nous constatons une fois encore que sur ce sujet, la stratégie de Jean Dionis consiste à saturer l’espace (notamment médiatique) avec ses arguments, grâce à sa double casquette de maire d’Agen et de président d’agglomération. Les contradicteurs, voire les opposants, sont pourtant nombreux et divers, mais donc difficilement audibles. La revue de presse de ces derniers jours en est un exemple frappant. »

Une revue de presse complétée par le présent article, qui illustre que la contradiction est au contraire bien présente dans nos colonnes.

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