PolitiqueParis veut désamorcer la crise

Paris veut désamorcer la crise

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Début octobre, le président français avait déclenché la colère de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune

Le président français Emmanuel Macron a entrepris de recoller les morceaux avec Alger après une nouvelle crise alimentée par certains de ses propos, laissant entrevoir un début d’apaisement côté algérien. Le chef de l’État « regrette les polémiques et les malentendus engendrés par les propos rapportés » et est « fortement attaché au développement de la relation » entre la France et l’Algérie, a lâché mardi l’Élysée.

Emmanuel Macron avait déclenché l’ire d’Alger après des déclarations, rapportées par le quotidien Le Monde, accusant le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » autour de la guerre d’indépendance. D’après le quotidien, il s’était également interrogé sur l’existence d’une « nation algérienne » avant la colonisation française, suscitant de vives réactions dans la société algérienne.

Avec ces regrets, « on assiste à un semi mea culpa de la part du président Macron », relève Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève. « C’est un rétropédalage calculé car, pour des raisons de politique intérieure, il ne peut pas aller au-delà », ajoute-t-il en référence au poids de l’extrême droite et à la sensibilité des rapatriés d’Algérie sur ce sujet, à cinq mois de la présidentielle en France.

Objectif Libye

Dans un premier signe de détente, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a salué mercredi ces déclarations, y voyant du « respect pour la nation algérienne ».

« Il y a un début de dégel », a confirmé une source diplomatique algérienne. Jusque-là, l’Algérie, qui a rappelé son ambassadeur à Paris le 3 octobre et interdit le survol de son territoire aux avions militaires français ralliant le Sahel, ne décolérait pas. D’autant que Paris a annoncé la réduction du nombre de visas accordés à l’Algérie, la Tunisie et le Maroc pour pousser ces pays à accepter leurs ressortissants expulsés de France. Le président Abdelmadjid Tebboune, qui entretient une relation plutôt cordiale avec son homologue français, lui a reproché samedi d’avoir insulté l’Algérie.

Selon Hasni Abidi, ce sont les dossiers régionaux, de la Libye au Mali, qui justifient cette main tendue de Paris. L’Algérie est un acteur régional influent au Mali, mais aussi en Libye. Le président Macron a d’ailleurs invité, en vain, son homologue algérien à la conférence sur la Libye qu’il organise vendredi Paris.

« Passer à autre chose »

« En déclinant l’invitation, Abdelmadjid Tebboune confirme que la crise diplomatique entre Alger et Paris ne se réglera pas de sitôt et ne retrouvera pas son cours normal à court terme », analyse le quotidien francophone algérien « Liberté ». La France préfère retenir les premiers signes de détente avec Alger. « C’est positif si d’un côté comme de l’autre on se dit qu’on peut passer à autre chose et avancer sur les autres sujets, notamment la Libye », résume une source diplomatique française.

Alger enverra finalement son ministre des Affaires étrangères vendredi à Paris, a précisé la présidence française.

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