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Une aide de 30 % pour refaire son bureau de tabac

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Un Fonds de transformation créé par l’Etat vient en aide aux buralistes qui souhaiteraient réaliser des travaux dans leur commerce pour le rendre plus attrayant. Il s’agit de déposer les dossiers (avec devis) avant le mois de septembre.

Ils sont ouverts tôt le matin et ferment tard le soir, très souvent sept jours sur sept. On les distingue de loin grâce à leur enseigne rouge, en forme de carotte, héritage du temps où le tabac était vendu en feuilles ficelées (de la forme d’une carotte). Les bureaux de tabac, souvent aussi maisons de la presse, représentent, au même titre que les boulangeries, des commerces de proximité par excellence. L’achat ne dure que quelques instants, tout comme celui d’une baguette de pain, le temps d’un « bonjour-merci-au revoir ».

Une diversification indispensable

Le buraliste connaît pourtant son monde, tant en centre-ville que dans les bourgs ruraux. Il est celui (ou celle) à qui l’on demande tout et rien, des nouvelles des uns au tarif d’affranchissement d’un colis pour l’étranger… et cela tombe bien parce que le buraliste se diversifie. « La profession se réinvente, s’adapte aux besoins des clients et aussi à la baisse de la vente de tabac, à cause de son prix et d’un marché parallèle grandissant ! » indique Marie-Pierre Ferland, présidente de la chambre syndicale des buralistes du Lot-et-Garonne, buraliste elle-même à Colayrac-Saint-Cirq dont le chiffre d’affaires a augmenté de 28 % suite aux transformations de son commerce.

Depuis 2018, l’Etat accorde une aide d’environ 30 % du montant de travaux qui seraient engagés pour moderniser son bureau de tabac ou/et le diversifier. Ceci pour compenser la perte du chiffre d’affaires liée à la baisse de la consommation du tabac que l’Etat espère avec des campagnes de prévention et une hausse du prix du paquet. Un Fonds de transformation a été mis en place auquel il faut s’adresser pour obtenir au maximum 33 000 euros d’aide pour des travaux de 100 000 euros. Pour y prétendre, il faut suivre plusieurs étapes dont réaliser un audit, c’est là que la Chambre de commerce et d’industrie du 47 intervient. « L’idée n’est pas juste de changer des meubles, mais bien de rendre plus attractif le commerce qui contribue à la vitalité d’un territoire » explique Frédéric Péchavy, président de la CCI47.

« De faire en sorte qu’il propose de plus en plus de services » ajoute Marie-Claude Iachemet, responsable commerce à la CCI, chargée d’accompagner les buralistes dans cette démarche. « Cela peut-être d’installer un distributeur de billets, d’aider à l’ouverture d’un compte en banque, d’encaisser des factures publiques, d’être point relais pour les livraisons de colis, de vendre des cafés, du snacking, de l’épicerie et des produits du terroir, relayant ainsi le travail des producteurs locaux… »

Plus de services amènent plus de clients. Le flux de circulation augmente à l’intérieur du commerce et bien pensé, il peut, il doit, inciter à l’achat.

Vapote et CBD…

« Le souci est que l’on n’a pas le temps de bien communiquer sur la diversité de notre offre. Peu de gens savent que l’on vend des cordons de téléphone par exemple ou d’autres accessoires. » Christelle et Richard Chevailler sont gérants du tabac Le Balto, situé en haut du boulevard de la République. Une institution à Agen. Ils ont bénéficié du Fonds de transformation. « Lorsque nous avons repris en 2016, nous nous sommes donné un délai pour bien connaître les attentes de la clientèle, avant d’entamer quelques changements. En 2018, nous nous sommes lancés, après être passés par la CCI qui connaît bien les caractéristiques de la ville. Après deux ans, nous sommes satisfaits de ces changements, ayant réalisé jusqu’à 30 % de plus de chiffre d’affaires. Mais il reste difficile à dire si notre commerce est davantage fréquenté parce qu’il est plus joli ou parce que la Covid restreint les déplacements de la clientèle. »

Et le CBD dans tout ça (produits issus du chanvre à très faible teneur en tétrahydrocannabinol), ne fait-il pas partie de la diversification ? « Pas un jour ne se passe sans que l’on m’en demande » avoue le gérant du Balto.

« Le gouvernement avait interdit le 31 décembre la vente de fleurs et de feuilles. Ce lundi, nous avons appris que cet arrêté était suspendu par le Conseil d’État jusqu’à nouvel ordre » précise Maire-Pierre Furland. À suivre.

Travaux achevés

« À ce jour, trente-six buralistes dans le département sur les 158 existants, ont déposé une demande au Fonds de transformation » indique la présidente du syndicat des buralistes du 47. Treize ont finalisé leurs travaux. « Selon les établissements et leur situation géographique, la vente de tabac représente encore environ 50 % du chiffre d’affaires des buralistes » poursuit Marie-Pierre Ferland (25 % pour les articles de la Française des Jeux).

Phénomène Covid

Un phénomène Covid-19 a fait que la vente de tabac acheté auprès des buralistes a augmenté. Le temps que les consommateurs puissent plus facilement passer les frontières pour s’approvisionner. Ou avoir de nouveau accès au commerce parallèle. Au 15 septembre, il sera trop tard pour bénéficier du Fonds de transformation. Il est urgent pour les buralistes de se rapprocher de la CCI qui les guidera dans les démarches.

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