ActualitéAgen : Madeleine, 100 ans, victime de blessures involontaires

Agen : Madeleine, 100 ans, victime de blessures involontaires

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Un infirmier libéral condamné pour des blessures involontaires.

En février 2020, il n’était pas encore question, en France, de pandémie, de confinement, encore moins d’un livre sans doute déjà en préparation sur les agissements présumés du groupe Orpéa. Les résidences, Ehpad, maisons de retraite n’étaient pas interdites d’accès pour cause de Covid-19.

Au début du mois, une jeune femme franchit le seuil du commissariat de police d’Agen, pour y porter plainte contre un infirmier libéral. Le 2, victime d’un traumatique crânien et d’une double hémorragie, Madeleine, 100 ans et pensionnaire d’une résidence service seniors, a été hospitalisée. Sa tête a heurté le mur de sa chambre. Elle est décédée en mai 2020, sa mort n’est pas liée à cet accident.

Il ne s’agissait pas hier à l’audience du tribunal correctionnel d’épingler les gestionnaires de cet établissement privé d’Agen. Tout au contraire, la famille par la voix de la petite-fille le dit directement à la barre, « nous ne cherchons pas à incriminer ses dirigeants, dans lesquels nous avions tout confiance quand ma grand-mère y séjournait. »

Il s’agissait plutôt de définir la part de responsabilité de cet infirmier agenais de 44 ans dans les blessures constatées par le corps médical au centre hospitalier. « On veut simplement savoir s’il ment car on a le sentiment que ses déclarations ne sont pas les bonnes. On voudrait aussi qu’il ne recommence pas avec d’autres résidents.»

« Pas un sac de sable »

Mis en cause pour violence sur la centenaire, ce quadragénaire écope d’une peine d’amende de 150€, de l’euro symbolique et de 500 € de dommages et intérêts à la famille. Surtout, il a été reconnu coupable de blessures involontaires par imprudence, alors que le ministère public souhaitait qu’il soit condamné pour manquement délibéré de prudence.

Appelé à s’expliquer devant la juge du tribunal correctionnel, l’infirmer a reconnu « une erreur d’appréciation » quand il a cherché à soulever la vieille dame pour la repositionner sur son lit pour plus de confort. « Je n’étais pas particulièrement pressé ce jour-là » se souvient l’intéressé. Quelques minutes après, devant le sang qui se dégageait du crâne, il a placé des pansements puis il a quitté les lieux. Le service d’urgences SMUR a pris le relais. Son avocat Me Soubelet a rappelé en défense qu’il était infirmier depuis 2004, « sans aucun manquement disciplinaire relevé par son ordre. Mais il n’est pas question ici de minimiser ce qu’a pu vivre cette dame. »

Pour les proches de Madeleine, « Il n’a pas eu ce geste d’humanité de rester avec elle » fait remarquer Me Anne-Sophie Laguens. Le ministère public a été plus acide dans son réquisitoire, estimant que l’infirmier « a pu paniquer. Il n’a pas eu de délicatesse car il était pressé. Madeleine, ce n’était pas un sac de sable. »

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