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À quelques semaines de la date limite des inscriptions sur les listes électorales, l’Agenais veut mobiliser ses électeurs

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Les Français ont jusqu’au 4 mars (au 2 sur Internet), pour s’inscrire sur les listes électorales de leur commune. À quelques semaines de l’échéance, ils sont nombreux à ne toujours pas avoir fait la démarche. On fait le point dans l’Agenais. 

À moins de deux mois du premier tour des élections présidentielles, de nombreux Français ne sont toujours pas inscrits sur les listes électorales de leurs communes, alors les villes multiplient les appels, rappelant l’importance de cet acte civique. À l’échelle nationale, le Premier ministre a annoncé le lancement fin février, d’une grande campagne qui se déclinera notamment sur les réseaux sociaux et d’un site Internet pour mobiliser les retardataires ou les derniers récalcitrants. 

À Agen, nous vous en parlions, la ville a récemment lancé une campagne, reprenant les codes des plus jeunes pour les inciter à aller voter. Avec des slogans comme « Tu viens de passer 2 heures sur TikTok… T’as bien 2 minutes pour aller voter », la ville entend accrocher les plus connectés. Et l’argument du manque de temps ou de la difficulté à venir en mairie ne tient pas la route car la démarche peut se faire, entièrement en ligne.

Pour Pascale Luguet, la maire de Boé, il faudrait aller plus loin, et ouvrir le débat sur le vote électronique pour capter cet électorat, une façon de s’adapter aux modes de vie des plus jeunes. « Certains amis de ma fille de 21 ans me l’ont dit, ils ne comprennent pas qu’on ne puisse pas voter sur son téléphone », confie-t-elle. Très attachée au droit de vote, l’élue reconnaît qu’il est très difficile de les convaincre. « Je leur parle de l’histoire, je leur explique que sans droit de vote, il n’y aurait pas de démocratie, mais ils me disent que de toute façon, ça ne changera rien », déplore Pascale Luguet. 

Peur du virus ou crise plus profonde?

Le contexte sanitaire a un temps été accusé d’éloigner les citoyens des isoloirs, mais pour le maire de Pont-du-Casse Christian Delbrel, on ne peut pas avancer ce seul argument pour expliquer l’abstention. « On ne peut pas tout mettre sur le dos du contexte sanitaire, on observe une espèce de rejet du système, ça me frappe », commente-t-il. 

Dans sa commune, il le sait, certains résidants n’ont pas fait la démarche de s’inscrire sur les listes électorales, pourtant, ça ne les empêche pas de venir demander certains services municipaux… « Quand des gens viennent poser des questions ou nous interpeller en mairie, je leur demande parfois s’ils ont fait l’effort de venir voter, et certains se retrouvent tout penauds devant moi »‘, raconte Christian Delbrel. Le maire estime que la relation à la commune doit relever du « donnant-donnant », or, « certains profitent sans donner en retour », ce qui plonge le pays dans une « crise démocratique ». 

Les jeunes sont de moins en moins nombreux à aller voter

Pourtant, les élections présidentielles sont les scrutins qui mobilisent le plus les Français, avec les municipales et à Pont-du-Casse, le service état civil a enregistré 117 nouvelles inscriptions depuis le mois de mai 2021. Un chiffre assez important qui s’équilibre entre les nouveaux arrivants encore inscrits dans leurs anciennes communes et ceux qui sont partis mais figurent toujours dans les listes cassipontines. 

« Il faut faire l’effort citoyen, le droit de vote est précieux », interpelle Christian Delbrel. 

Cette crise démocratique, Pascale Luguet l’observe plus largement, constatant une baisse de l’engagement chez les nouvelles générations. « C’est le reflet de notre société, on voit que le bénévolat et la vie associative ne les intéressent plus vraiment », détaille la maire de Boé. 

Un chiffre est particulièrement saisissant dans l’Agenais, il concerne le nombre de Passageois en âge de voter inscrits sur les listes électorales. 90% d’entre eux ont fait la démarche, or, un pourcentage important de ces électeurs ne se déplacera pas pour voter (1). « Je m’interroge sur cette distorsion entre le nombre d’inscrits et le nombre de votants », commente le maire du Passage d’Agen Francis Garcia. 

« Il faut leur rappeler le vieil adage qui dit que si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique s’intéressera à toi de toute façon, alors, prenons notre destin en main! », conclut l’élu. 

Tinder pour séduire les jeunes électeurs

Les villes le savent, les jeunes sont les plus difficiles à déplacer aux urnes. Alors pour les toucher, l’ONG de défense des droits civiques A voté s’est associée à l’application de rencontres Tinder. Des fenêtres apparaîtront lorsque les jeunes âgés de 18 à 25 ans navigueront sur l’application, ces dernières leur proposeront d’être redirigés s’ils le souhaitent vers le site de l’ONG, qui détaille de manière très claire la procédure pour s’inscrire sur les listes électorales et voter, au mois d’avril prochain.

Le récent succès de l’application « Elyzé », un genre de Tinder des candidats à l’élection présidentielle prouve par ailleurs que les jeunes ne se désinteressent pas entièrement des prochaines échéances présidentielles. En effet, l’application a été téléchargée par des millions de Français, preuve que les élections suscitent, malgré tout, une certaine curiosité. Reste à voir si l’essai sera transformé les 10 et 24 avril prochains. 

(1) 766 habitants du Passage en âge de voter ne se sont pas inscrits sur les listes de la commune, ce qui représente 10% de la population

 

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