InternationalPétrole. Les montagnes russes de l’or noir

Pétrole. Les montagnes russes de l’or noir

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Les cours du pétrole sont des plus volatils. Après un pic avoisinant les 140 dollars il y a dix jours, le baril de Brent est redescendu sous la barre des 100 dollars pour remonter, depuis deux jours, en raison d’une résurgence du Covid-19 en Chine. Peut-on prédire un choc pétrolier sur l’économie mondiale ?

“Choc pétrolier ou pas ? La question est déjà obsolète car le choc est là, significatif et du même ordre que le deuxième qui a marqué la fin des années 1970”, explique au Temps un banquier suisse. La guerre en Ukraine a provoqué une “explosion des prix du pétrole”, dont l’onde de choc commence à se faire sentir dans le monde entier.

Depuis le 24 février, les cours du baril de Brent fluctuent au rythme des nouvelles de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’un des premiers producteurs d’hydrocarbures dans le monde. “Dire que les prix du pétrole ont été volatils ces derniers jours serait un euphémisme”, notent des analystes du cabinet conseil Morgan Stanley, dans Bloomberg.

Le baril de Brent a atteint près de 140 dollars le 8 mars, son plus haut niveau depuis treize ans, avant de refluer, le 15 mars, sous la barre des 100 dollars. Les deux jours suivants, la résurgence du Covid en Chine et les mesures de confinement ont encore joué sur les cours.

“L’évolution rapide de la guerre en Ukraine et les sanctions qui s’ensuivent à l’encontre de la Russie entraînent de fortes fluctuations sur le marché”, explique le média économique américain. À cette situation s’ajoute le boycott des approvisionnements en pétrole russe, qui a aggravé la pénurie sur des marchés déjà tendus.

Vers un choc mondial de l’offre

L’Agence internationale de l’énergie (AIE), peu coutumière des prévisions alarmistes, comme le souligne le Financial Times, estime dans son dernier rapport mensuel qu’à partir d’avril, “la production de pétrole russe pourrait chuter de 3 millions de barils par jour, soit 3 % du marché mondial, à mesure que les sanctions se font sentir et que les acheteurs boudent l’offre du pays”. Les exportations russes reculeraient de 2,5 millions de barils par jour, “ce qui signifie qu’un ‘choc mondial de l’offre de pétrole’ est désormais plausible”.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est elle aussi sortie de sa réserve le 15 mars, en déclarant que “l’invasion de l’Ukraine par la Russie est susceptible de porter un coup sévère à l’économie mondiale, ce qui pourrait peser sur la demande de pétrole”, relève le Wall Street Journal. Le cartel, dans son rapport mensuel, ne prend pas la peine de revoir ses prévisions de demande et d’offre ou de croissance, “l’évolution rapide et incertaine affectant sa capacité à prévoir avec précision les conséquences profondes du conflit sur les marchés énergétiques mondiaux”.

Quoi qu’il en soit, “l’Opep a affirmé sans équivoque que l’impact de la guerre sur la croissance économique mondiale serait douloureux”. Le quotidien américain y voit un signe supplémentaire “de la manière dont la guerre en Ukraine perturbe le fonctionnement normal des marchés des matières premières”.

Pour autant, la hausse des prix n’est pas mauvaise pour tout le monde. D’abord pour les plus gros producteurs tels l’Arabie Saoudite, dont la moitié du PIB vient du pétrole et du gaz, ou l’Irak, dont le budget est financé à 85 % par la manne pétrolière. La flambée des prix de l’or noir est aussi “un coup de pouce pour le secteur de l’énergie aux États-Unis”, souligne le quotidien économique américain dans un autre article.

Le prix du baril en yuans

Autre signe que les aléas du pétrole à la suite de l’invasion de l’Ukraine font bouger les lignes, l’Arabie Saoudite “envisage” de faire payer son pétrole à la Chine en yuans plutôt qu’en dollars, révélait le Wall Street Journal le 15 mars. Une manière pour Riyad, profitant de cette tendance favorable, de signifier son “mécontentement grandissant” à l’égard de Washington, concernant les dossiers iranien et yéménite notamment. La Chine achète “plus de 25 % du pétrole que l’Arabie Saoudite exporte”. Fixer les échanges en yuans “renforcera la position de la monnaie chinoise”. Ce qui constituerait une nouvelle “profonde rupture”. L’effet papillon de l’invasion en Ukraine.

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