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Le navigateur Louis Burton à la rencontre des écoliers agenais

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Près d’une centaine d’enfants de l’institution Félix-Aunac ont pu rencontrer, hier matin, Louis Burton, un des navigateurs français les plus populaires.

Il est désormais rompu à l’exercice. Les mots sont parfaitement choisis pour être compris d’un jeune public et suffisamment « détaillés » pour répondre à leurs interrogations des plus éclectiques. Le navigateur français, Louis Burton, ne cache pas sa joie de partager ces moments privilégiés « depuis plus d’une dizaine d’années maintenant ».

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« C’est suite à ma première course au large, à savoir la Route du Rhum 2010 », enchaîne le Malouin, « on échange avec les enfants sur le bateau, la mer et bien d’autres choses ». Il reconnaît « un engouement important aux enfants ». Depuis cinq ans, son sponsor Bureau Vallée a mis en place un outil pédagogique pour le public scolaire. « Il a été conçu en collaboration avec des institutrices et instituteurs de l’Education nationale », lance-t-il. 
Hier matin, le marin, âgé de 36 ans, était de passage à Agen. Il a accosté à l’institution Félix-Aunax où près d’une centaine d’élèves avaient préparé sa venue. « Avec une certaine excitation », sourit le directeur Antoine Yeste. Déjà l’an dernier, les jeunes Agenais avaient travaillé sur cette thématique. Depuis une quinzaine de jours, ils ont remis la main à la pâte « dès que la visite a été confirmée ».
Dans la grande salle du premier étage, des posters du héros des mers trônent en bonne place. Les enfants ont même fabriqué quelques bateaux en papier, en guise de décoration.

Des bonbons et du foie gras

Depuis une dizaine d’années, Louis Burton a vu l’évolution. Les questions ont quelque peu évolué « au rythme de la préoccupation sur l’écologie ». « Il y a beaucoup de questions sur l’état de l’eau ou sur le climat », reconnait-il, « cette génération qui grandit est née avec cette problématique ». Il a pu partager avec eux sa vision. « D’un point de vue visuel, on voit des déchets plastiques encore plus loin qu’avant. Il y a de vraies mutations profondes sur les grands rythmes météorologiques, les régimes de vent sont en train de se décaler dans le calendrier », explique le marin avant de répondre aux questions des enfants, « il faut regarder sur 5-10 ans en arrière pour percevoir ces changements ».

« Cette génération qui grandit est née avec cette problématique »

En tout cas, Louis Burton a été assailli de questions diverses et variées. « Il y a des choses qui les intriguent », sourit-il, « comment on fait pour réaliser son rêve de vivre de sa passion et comment vit-on sur un bateau ». En effet, à Agen, ce mardi matin, il n’a pas échappé à ce flot de questions. Comment dépasse-t-il ses peurs ? Qu’est-ce qu’on ressent quand on termine troisième du Vendée Globe ? Comment dort-on sur un bateau ? Quel est son meilleur souvenir ? A-t-il un rival désigné ? Il a répondu toujours avec le sourire et précision. Comme quand il a raconté son pire souvenir, un jour de 2012 où il a « percuté un bateau quatre fois plus grand » que le sien, « cinq jours après le départ ». Un choc qui a mis fin à sa course en solitaire autour du monde. Plus terre à terre, des questions sur l’hygiène en pleine course. « Elle est très limitée. On se douche parfois sous les pluies tropicales. On se savonne sur le pont et on se rince avec la pluie », narre le marin, « puis parfois il fait tellement froid qu’on n’a pas envie de se déshabiller et on se contente d’une toilette de chat ».
La nourriture aussi est un sujet qui intrigue les enfants. « Oui, elle manque. On dépense beaucoup de calories à bord. On est tout le temps en train de grignoter », sourit-il en avouant partir au large en embarquant des bonbons Haribo® et du foie gras notamment. « Il est important de se faire plaisir. Ça aide à aller au bout de l’aventure ».
Les enfants avaient préparé un poème et une maquette pour offrir au grand navigateur. Quelques autographes et des photos ont immortalisé cette rencontre qui ne coulera pas – à coup sûr – dans les abîmes de leurs souvenirs. Mais sur les flots des bons moments de cette année scolaire.
 

« Ne rien lâcher… »

Encore une fois, Louis Burton n’a pas dévié de son principe. « Je trouve intéressant de dire à des enfants qu’il ne faut rien lâcher pour y arriver », explique-t-il, « il faut s’accrocher à ses rêves, peu importe le rêve ». Le navigateur ne cache pas sa joie « de donner ce message d’espoir ». « C’est quelque chose qui me plaît. Ça permet de parler environnement sans créer de stress ou d’angoisse », a joute-t-il. « Ces petits n’y peuvent rien de ce qu’ont fait les générations précédentes ».
Il a pu partager son rêve, celui qui était de devenir navigateur « comme certains rêvent de devenir footballeur en regardant les joueurs de l’équipe de France ». « Dès l’âge de 5 ans et demi, j’ai commencé à naviguer et je n’ai rien lâché », glisse-t-il, « une passion dévorante ». 
Cette passion qu’il veut transmettre « car en France, il y a beaucoup d’enfants qui n’ont jamais eu la chance de voir la mer en vrai ». Ils sont encore plus nombreux à ne pas avoir mis un pied sur un bateau. « C’est une notion de liberté et d’aventures qui les attire », conclut Louis Burton. Et à n’en pas douter, c’est autant de supporters sur lesquels le troisième du dernier Vendée Globe pourra désormais compter pour dompter tous les océans de la planète.
 

« Faire mieux » 

Après un abandon lors de sa première édition, Lousi Burton a pris la 7e place en 2016 et a terminé 3e de la dernière édition du Vendée Globe. Il sera au départ de la prochaine en 2024-2025. « J’aimerais faire mieux », glisse le navigateur tricolore, « il y a de plus en plus de bateaux qui veulent y participer. Il n’y aura que quarante places. Il y a déjà 47 candidatures ».
Dès l’arrivée du dernier Vendée Globe, le Malouin s’est mis à préparer le suivant « pour augmenter ses chances de participer ». Il a racheté un bateau plus performant. « La course au large reste un sport mécanique. Le budget reste le nerf de la guerre », explique-t-il. Aujourd’hui, Louis Burton a atteint une certaine notoriété et un savoir-faire permettant de lui ouvrir des portes « pour séduire des partenaires ».
Maintenant, il lui faut faire le maximum de courses pour préparer le bateau et dompter ce monstre des mers. Pour cela, en mai, il sera au départ de la Bermude 1000 Race. « Le programme est chargé jusqu’à la prochaine Route du rhum », enchaîne-t-il. Tout cela avec un objectif, performer encore plus lors du prochain Vendée Globe qui s’élancera le 10 novembre 2024 des Sables-d’Olonne.

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